Indochine
Toujours présent, un pied de nez pour les détracteurs, un régal pour
les fans : "Un jour dans notre vie" est le dernier
album en date d'Indochine, et puisque de nombreux autres sont
certainement encore à venir, il était temps de faire le point
avec Nicolas Sirkis et Dominique Nicolas. Revenir en arrière
aide parfois à mieux comprendre le présent.
Qu'aimeriez-vous que les gens disent et retiennent de "Un jour dans Notre Vie", votre nouvel album?
- Nicolas : C'est difficile à dire... Il faut que nous gardions une certaine modestie, car comme nous l'aimons bien, on ne va pas dire qu'il est génial! Il nous faut trouver d'autres termes. Ce qu'on aimerait avant tout, c'est que les gens prennent conscience de l'évolution du groupe. Ça fait 12 ans que nous sommes là et même si la touche INDOCHINE est toujours présente, elle a bien accompagné une évolution.
- Dominique : Nous sommes restés fidèles à ce que nous étions et nous n'avons pas pris les trains en marche. Ce n'est pas parce que la mode est au grunge que nous allons faire du grunge. C'est vrai que nous avons changé, mais nous gardons toujours notre ligne directrice.
Avec toujours la même volonté de partager des émotions?
- Nicolas : C'est une des priorités de la musique! Nous apprécions le fait que les gens qui nous écoutent puissent éventuellement ressentir la même chose que nous. Quand nous avons fait "Savoure le Rouge, "Un Jour Dans Notre Vie" ou "Les Toits Du Monde", il y avait soit une force soit une certaine gumanité à donner.
Nous avons eu beaucoup d'émotions pendant l'enregistrement. Nous avons rencontré des moments de lyrisme durant cette période et nous aimerions bien que les gens partagent ça avec nous. En plus, nous pensons que ces morceaux rendront bien en concert.
Comment les textes ont-ils été réalisés?
- Nicolas : C'est vrai que les ai fait mais cette fois la participation du groupe était plus importante qu'auparavant. Pour les autres albums, j'arrivais avec mes textes tout faits et il y avait un peu de discussions. Là, un travail communautaire s'est opéré sur la finalité des paroles. Je voulais vraiment draîner des faits et des choses sociales avec le groupe car je crois qu'un groupe est plus fort dans ce registre qu'un artiste solo.
Pourquoi les paroles ne sont-elles pas facilement abordables, de prime abord?
- Nicolas : C'est la griffe INDOCHINE. Quand nous avons débuté, il y avait TRUST et TÉLÉPHONE qui délivraient un message social très clair. Nous avons toujours voulu faire plus politique et plus symbolique. "Dizzidence Politik" était très politique mais ce qui nous branchait surtout, c'était de faire danser les gens sur un texte d'ambiguïté, à la fois drôle et fort, plutôt que sur des revendications sociales militantistes.
- Dominique : Ce n'est pas une écriture narrative comme chez certains auteurs. C'est un avantage et un inconvénient car si tu regardes au premier degré, tu peux penser que c'est n'importe quoi mais si tu cherches, tu peux avoir une explication très personnelle.
- Nicolas : Actuellement, nous recevons beaucoup de lettres sur des interprétations de certaines chansons qui sont intéressantes. Nous n'avons pas non plus la prétention de dire que nous faisons de la poésie car nous sommes avant tout un groupe de rock...
ROCK?
Beaucoup ne vous classent pourtant pas dans cette catégorie...
- Dominique : Les médias nous classent dans certaines catégories...
Au départ, nous avons commencé comme des lycéens en rupture de bancs, puis nous sommes passés dans des clubs et finalement, la même chanson est passée d'un stade "branché" à un stade grand public.
En fait, nous finissons par ne plus savoir vraiment où nous situer. Mais notre démarche est celle d'un groupe de rock car nous sommes très indépendants.
- Nicolas : Nous sommes rock mais sans dire "culture rock".
- Dominique : Le rock c'est plus dans la tête et dans la démarche, ce n'est pas parce que nous n'avons pas 60 Marshalls que nous ne sommes pas rock.
- Nicolas : Nous avons toujours essayé de casser cette barrière qui existait dans les 70s entre le rock et la variété, le premier étant marginal et la seconde "grand public". Nous avons fait partie de cette génération avec RITA MITSOUKO qui a fini par se retrouver dans les charts.
Votre image n'a jamais été celle d'un groupe marginal. En revanche, on vous a longtemps considéré comme un groupe de rock synthétique.
- Nicolas : Oui effectivement.
- Dominique : L'attitude joue peut-être dans ce sens. Trust cassait tout dans les hôtels, nous ne sommes pas comme ça. Mais si notre maison de disques nous prend la tête, nous préférerons casser celle-ci et aller ailleurs en prenant des risques. Nous ne sommes jamais arrivés bourrés à la télé, et nous n'avons pas provoqué de scandales, c'est vrai.
- Nicolas : La raison pour laquelle on nous a affilé au rock synthétique, c'est parce qu'il y a eu cette vague qui a déferlé mais nous avons toujours basé nos morceaux sur la guitare. "L'Aventurier" c'est avant tout un "gimmick" de guitare et tous les titres qui ont marché sont aussi basés là dessus. La critique a trop oublié ça.
- L'aventurier -
(Ariola - 1982)
Un premier album une première bombe. Avec "Dizzidence
Politik" et "L'Aventurier, INDOCHINE laisse sa griffe
pour longtemps. Avec "Docteur Love", "Leila"
et une reprise sans complexe de "L'Opportuniste", il
divertit par une musique enjouée et spontanée.
Pour mieux comprendre votre parcours, il serait intéressant de l'analyser album par album, avec le recul que vous possédez maintenant. Revenons donc à "L'Aventurier"...
- Nicolas : C'était un mini-album de six titres. Nous voulions faire un album et la maison de disques ne voulait pas, alors nous les avons pris de vitesse. Nous sommes rentrés en studio pour quatre jours et nous avons enregistré tous les titres durant ce laps de temps.
Le label s'est retrouvé devant le fait accompli et a sorti le disque. C'était l'apprentissage du travail en studio. Ensuite vint la découverte du succès car l'album était sorti en septembre 82 et "L'Aventurier" fut numéro 1 beaucoup plus tard, en juillet 83! Pendant ce temps, nous faisons des concerts et tentions de nous faire connaître autant que possible.
- Le Péril jaune -
(Ariola - 1983)
Superbe album concept dont les plus frieux (ceux qui n'achètent
que les 45 tours) ne retiendront que "Kao Bang" et
"Miss Paramount". Dommage car ce disque se savoure en
intégralité, au gré des ambiances qu'il restitue. Un coup de
coeur.
Ensuite il y a eu "Le Péril Jaune"...
Nicolas : Du temps s'était quand même écouté. Ce que nous regrettons c'est d'avoir été un peu poussés par le succès, dès que celui-ci est arrivé, nous ne voulions pas être le groupe d'un single éphémère et nous désirions absolument sortir un autre album.
"Le Péril Jaune" a été réalisé sous la pression car nous ne sommes resté que trois semaines en studio. C'est un album qui continue de vendre bien aujourd'hui encore, alors je suppose qu'il doit avoir une âme, ou quelque chose... C'est un concept, le seul que nous ayons fait.
L'enregistrement a eu lieu en Angleterre, dans un environnement très pro et nous avons travaillé beaucoup alors que nous étions encore assez gamins. Nous avons assumé. Il y a eu un certain retour de bâton et les gens de la presse ont commencé à nous descendre et en revanche notre public grandissait.
Notre première tournée en tête d'affiche en France a eu lieu à ce moment là et nous avons pu réaliser que bien des gens nous aimaient. Une sorte de génération arrivait sur nous, nous ne l'avions pas demandée ni cherchée mais c'était le cas.
- 3 -
(Ariola - 1985)
Chef d'oeuvre?
Dans le genre, certainement. Une pléïade de titres forts,
"Canary Bay", "Tes Yeux Noirs", "3ième
Sexe", "3 Nuits Par Semaine" mais aussi "Monte
Cristo", "A l'Assaut" et tout le reste! Le symbole
en musique de toute une génération.
CHIFFRE MAGIQUE
"3", c'est l'album charnière pour INDOCHINE?
- Nicolas : C'est sûr! Il s'appelle "3" et non "3ème Sexe" comme certains le disent à cause du succès de ce morceau : c'est une erreur. "3" est un chiffre religieux chinois très important, et nous nous sommes amusés autour de ça. En plus, c'était le troisième album et tout le monde nous disait que c'était très capital pour le groupe : ou ça cassait, ou ça passait.
Et c'est passé car il y a bien eu quatre singles, non?
- Nicolas : Trois officiels. C'est une histoire qui a été très mal gérée car si nous avions voulu faire plus commercial, on aurait pu sortir tous les titres. Ça marchait tellement bien que n'importe quoi aurait fait l'affaire. "Canary Bay" a commencé à bien fonctionner, ensuite il y a eu "3ème Sexe" mais nous avions mis "3 Nuits Par Semaine" en face B, ce qui était une erreur commerciale. Puis vint "Tes Yeux Noirs". Ça faisait quatre singles, plus ou moins. "A L'Assaut" est sorti plus tard, mais dans sa version live.
- Dominique : Le groupe ne voulait plus de single mais la maison de disques a continué parce que ça faisait vendre.
- Nicolas : Nous étions dans une sphère incontrôlable, nous nous sentions surmédiatisés. Quand le chiffre de 800.000 albums vendus fut atteint, c'était assez notre avis. Quand tu sors un single et qu'il marche, tu peux en faire suivre plein car il y a une dynamique qui se crée. J'ai toujours refusé de faire ça car je trouve que c'est une fausse dynamique de qualité.
- Live Au Zénith-
(Ariola - 1986)
Dans le feu de l'action, un récapitulatif rapide des
trois premiers albums. Tout n'est pas parfait, mais l'intensité
est bien présente. Impression scénique à confirmer plus tard
dans la carrière.
Et pourquoi ce "Live Au Zénith"?
- Nicolas : Les concerts avaient été tellement fabuleux, extraordinaires... Nous n'avions ouvert qu'une seule date et finalement nous avons rempli quatre soirs de suite! C'était tellement fort que nous avons souhaité graver ces moments.
C'est à ce jour le seul live d'INDOCHINE et c'est pour cela que pendant notre prochaine tournée nous allons en enregistrer un autre. Rétrospectivement, c'est vrai que qualitivement... C'était un live pour remercier les gens, pour leur apporter un souvenir de la tournée.
- 7000 Danses -
(Ariola - 1987)
Brillant, obscur, indécis... "7000 Danses"
annonce l'avenir et retient aussi l'attention grâce à des
titres comme "Les Tzars", "La Chevauchée Des
Champs De Blé" ou le cuivré "La Machine A Rattraper
Le Temps".
"7000 Danses", c'est un album de transition?
- Nicolas : De reconstruction plutôt. Nous sortions de cette période ascendante au niveau médiatique : nous souhaitions nous éloigner et nous prouver que nous étions vraiment au contrôle des opérations. La maison de disques n'a pas écouté l'album avant qu'il sorte. Nous étions ferméa à tout.
Pourtant, il y a encore eu trois singles...
- Nicolas : Oui, et ça a bien marché en plus, avec "Les Tzars"... Sur le plan international, ça allait très bien dans des pays comme le Canada, l'Allemagne.
On disait pourtant depuis longtemps qu'INDOCHINE rencontrait beaucoup de succès en Scandinavie.
- Nicolas : Oui, c'est vrai. Au troisième album, nous avions tourné là-bas et ce fut un véritable délire! Ils demandaient à leurs profs de français de traduire les paroles. Nous ne sommes aperçus que quand ça marchait dans des pays étrangers, c'était parce qu'il y avait quelqu'un de motivé sur place qui poussait le groupe à fond.
C'est pour ça qu'à mon avis tout est possible pour les groupes de rock français. Mais tant qu'il n'y aura pas quelqu'un dans une maison de disques aux USA qui dira "ce groupe-là, c'est ma priorité", ça n'ira pas. Mais le succès est possible, j'en suis convaincu et j'en ai la preuve : Scandinavie, Pérou.
Il y a des endroits où c'était carrément magique, car nous nous sommes retrouvés comme MICHAEL JACKSON devant des publics énormes. Pour "7000 Danses", nous sommes allés au Pérou, après une très grosse tournée.
C'est à la suite de ça que nous avons dit "stop" car nous nous sommes rendus compte que ce système nous avait fait perdre un peu notre qualité de vie personnelle. Quand tu as huit ans de passion pour faire monter un groupe, il arrive un moment où tu te demandes où tu habites, qui tu es, etc. Nous avons alors décidé de prendre une année sabbatique.
- Le Baiser-
(Ariola - 1990)
Atmosphérique. Un album moteur qui regénère Indochine
et détermine sa nouvelle trajectoire. S'attarder sur les
extraits "Le Baiser", "Des Fleurs Pour Salinger"
est une erreur. C'est l'album tout entier qui a une âme.
Le retour s'est fait avec "Le Baiser", mais... il en manquait un!
- Nicolas : Effectivement, Dimitri qui était le plus jeune du groupe, le moins musicien aussi, a le plus mal accepté le succès et tout ce qui va avec. Je me rappelle que lors de notre première tournée, il passait son bac et révisait dans le camion!
Il s'est retrouvé déstabilisé et a préféré raccrocher les gans. Musicalement, ça n'a pas changé grand chose parce que le trio était toujours là : Dominique, Nicolas et Stéphane. Nous n'avons pas voulu faire de vagues là-dessus, mais les fans ont été un peu surpris.
C'est sûr que dans la Mano Negra, on voit moins les changements! "Le Baiser" symbolise pour nous l'entrée dans les années 90. C'est un disque très personnel car vu tout ce qui est arrivé entre 88 et 90, ce devait être un album très émotionnel. C'est un peu le disque noir du groupe, même s'il y a des titres comme "Des Fleurs Pour Salinger" qui sont un peu drôles.
Il a vendu 200.000 mais sans tournée - celle-ci rapporte environ 100.000 ventes en plus -. "Le Baiser" qui était le morceau très dur, très radical, est tout de même bien passé en radio. Nous en sommes très contents, et il vend quand même. En revanche, tout le monde dans la presse a dit qu'INDOCHINE était fini.
- Le Birthday Album -
(Ariola - 1991)
Récapitulatif non testimentaire d'un parcours
victorieux. Une compil' à laquelle on aurait aimé substituer
une intégrale mais qui définit parfaitement les grandes traces
laissées en arrière, sur le chemin... Avec l'inévitable inédit
"La Guerre Est Finie".
La compilation "Le Birthday Album", c'est important pour vous?
- Nicolas : Oui, car nous étions en plein frein médiatique. La été a changé, et maintenant les vraies stars sont devenues les présentateurs... Alors nous voulions vraiment dire : INDOCHINE pendant dix ans, ça a été ça.
Nous ne voulions pas que notre label fasse une compil' dans notre dos. Nous étions d'ailleurs sur le départ et finalement ça ne s'est pas fait car la compil' a très bien vendu, 500.000 exemplaires!
Au bout de quinze jours, il y avait déjà rupture de stock et nous ne nous attendions absolument pas à cela. Nous désirions vraiment la contrôler, nous avons nous-mêmes masterisés les titres. Les dix ans furent également fêtés sur scène avec une petite tournée dans des petites salles. Petites mais très motivantes.
- Dominique : Il n'y avait pas de pression particulière.
- Nicolas : Les versions des morceaux ont un peu changé sur scène. Avant, nous essayions vraiment de reproduire ce qu'il y avait sur album le plus fidèlement possible, mais là, nous nous sommes aperçus qu'il pouvait y avoir deux ou trois versions différentes pour un même morceau. Nous sommes partis et avons joué de façon plus libre et de nouveaux horizons se sont ouverts.
- Un Jour Dans Notre Vie -
(Ariola - 1993)
Chronique dans ce numéro en pages "CD Reviews".
Et c'est pour ça qu'"Un Jour Dans Notre Vie" est ce qu'il est?
- Nicolas : Voilà. C'est la première fois que nous jouons live sur un disque, tous ensemble.
- Dominique : Et puis, il n'y a que des vrais instruments, très peu de samplers. Les vraies prises de base ont été faites ensemble, par tout le groupe.
Peut-être votre niveau technique vous le permet-il maintenant?
- Dominique : Non, ce n'est pas ça. Avant nous étions un peu obsédés par le son et la technique, au détriment du fait de vouloir jouer avec des gens. Nous étions quatre et nous voulions rester indépendants. Maintenant, d'autres musiciens se joignent à nous.
- Nicolas : Sur scène, il y a toujours eu du monde car nous ne voulions pas avoir des bandes. Il y avait déjà les séquencers, nous trouvions intéressant le fait de rajouter des éléments acoustiques.
Qui est votre public, actuellement?
- Nicolas : il y a ceux qui nous suivent depuis le début, et puis, sur la tournée du "Birthday Album", nous avons rencontré une nouvelle génération de gens qui ont 14, 15, 20 ans. C'est sidérant car cela signifie que nous touchons plusieurs générations.
Mais il y a toujours cette force "teenage", peut-être moins nombreuse qu'en 86, car il existe une concurrence effrénée, mais nous avons trouvé quand même un bon renouvellement. Nos nouveaux fans se raccrochent un peu à tout, aux titres récents comme aux anciens. Maintenant, nous avons un public très vaste.
"JE RETOURNE MA VESTE..."
De nombreuses personnes, notamment dans la presse détestent INDOCHINE. Pourquoi?
- Nicolas : Il y en a beaucoup, c'est vrai. Nous ne pensons ne pas avoir changé, or la presse nous a bien aimé au début, pendant les 5 premières années, jusqu'au succès dit "populaire". Mais je crois que cette presse rock n'est plus très crédible.
Quand je pense que certains journalistes qui nous critiquent sont eux-mêmes des chanteurs de groupes qui marchent ou pas... Pendant douze ans, nous avons systématiquement refusé de juger les autres car quand tu es musicien, tu aimes tous les genres de musique.
Nous apprécions aussi bien le hard rock que le rap, même si nous ne sommes pas des fans de ces deux styles. Quand tu es musicien, tu n'as pas à faire de censure ni même à critiquer. Et puis, il y a aussi ces journalistes mercenaires, c'est-à-dire qu'ils travaillent aussi bien dans un canard de rock que dans Gala ou Voici! Alors, bonjour la crédibilité!
Je parle en général et la généralité est forcément sectaire. On nous a souvent reproché notre manque de crédibilité rock, alors que je pense que cette là, beaucoup de journalistes ne l'ont pas. Parfois, heureusement, tu rencontres aussi des passionnés.
Enfin, qu'aimeriez-vous surtout que les gens ne disent pas ou ne retiennent pas d'"Un Jour Dans Notre Vie"?
- Dominique : Son prix!