Des grappes de fans se ruent à Indochine

Rockstore

Une foule de fans pour Indochine

Nicola Sirkis, une idole pour des centaines de fans, depuis quinze ans.

Les ritournelles ont veilli mais l'homme reste désirable.

Indochine se lance dans une interprétation sans saveur du magnifique "Heroes" de David Bowie. Pas grave, le groue a tout donné, et cette version, jouée avec coeur, est un ultime remerciement au public qui est venu en masse (900 personnes, qui l'eut cru!) célébrer l'électro du plus pop des groupes de variété des années 80.

À peine le morceau fini, les musiciens se regroupent au bord de la scène, saluent ce public formidable et rejoignent les loges bien méritées.

Seul Nicola Sirkis, leader emblématique de la formation, s'échappe par une porte dérobée, s'engouffre dans un monospace et file dans la nuit, avant même que ses fans n'aient encore franchi les portes du Rockstore, encore abarsourdis par les deux heures de concert éblouissantes qu'ils ont vécu. Flash-back.

Dès 14h, des grappes de fans commencent à s'installer sur le perron de la salle de concerts, portant fièrement des tee-shirts à l'effigie du groupe. Au fils des heures, la foule s'épaissit et finit par bien squatter le bas de la rue de Verdun avant l'ouverture des portes du Rockstore, à l'affût de leur idole Nicola. Depuis, quinze ans, même si le succès d'Indochine a désenflé, ces fans sont toujours là. Nico les comblera.

Pour cette nouvelle tournée d'Indochine (avant un nouvel album fin août), les moyens techniques sont là : jeux de lumières impressionnants, son puissant, giclées de fumée, stroboscopes qui découpent les mouvements.

Le show est rodé, les musiciens solides et Nicola égale à lui-même : il chante faux, se plaît dans des poses romantiques qui font se pâmer les filles et glisse les mots doux qu'il faut pour enflammer la foule entre deux titres. En rajoutant à cela une "alléchante" panoplie de vêtements noirs, un brin moulants, et trois ventilateurs pour que sa mèche flotte au vent, l'homme est désirable.

Pourtant, vu de près, malgré toutes ses ficelles qui collent bien à sa variété pop, Nicola semble absent, comme ailleurs. Cette absence se comprend aisément quand on sait qu'en début d'année, il perdait Stéphane, son frère jumeau, sa moitié de scène, qui fut l'autre pilier de l'édifice Indochine.

On ne peut lui en tenir rigueur car dans son désespoir, il donne son coeur - à défaut des trippes - à un public, aux deux tiers féminin, qui frôle l'hystérie à tout instant. Le répertoire d'Indochine a vieilli, mais ces ritournelles électro simplistes attisent un nostalgie bon enfant qui donne le tempo à ce concert chaudement mené.