Les 7 ans d'Indochine

Septembre 81, Indochine donne son premier concert au Rose Bonbon. Sept ans plus tard, ils sont les incontestables leaders du rock en France. Un parcours en quatre albums jalonné de succès.

Pour marquer cet anniversaire alors que "7000 danses" vient d'être certifié platine et que leur nouveau single "La chevauchée des champs de blé" est sur toutes les ondes, sort un livre bilan, "Le septennat" publié aux éditions Carrière-Klan par Marc Thirion. Nous sommes à cette occasion revenus sur les grands moments de l'année Indochine, divisés ici en thèmes représentatifs.

LE LOOK 88

Cette année, le groupe s'est assagit en matière de look. Ils ne se contactent plus avant de faire une télé et sont de plus en plus à la scène comme à la ville.

Stéphane reste le même : blouson de cuir, lunettes noires (qui sont aussi des lunettes de vue) féraille un peu partout et redingote noire chemise blanche sur scène. Dimitri reste fidèle au jean, T-shirt, blazer et casquette avec une étoile noire! Dominik demeure le plus simple et le plus discret. Nicola reste donc le plus excentrique dans ses tenues de scène.

L'INTERNATIONAL

En novembre dernier, ils se rendent pour la première fois au Canada pour une semaine de promotion. Ils y retourneront en avril pour un concert délirant devant plus de 6000 fans.

Avant le Japon, l'Australie, l'Inde, la Nouvelle Zélande et peut-être l'URSS, ce sont les concerts donnés à Lima au Pérou qui auront été les plus marquants pour les Indos.

44.000 personnes en quatre soirs au Coliséo Amauta. "Au Pérou il s'agissait du premier événement de cette ampleur. Le prix des places avait été abaissé à notre demande à trois dollars, ce qui est déjà énorme pour là-bas!

Tous les techniciens ont fait le maximum pour que le concert soit parfait. L'armée était là pour nous protéger. Impressionnant! Nous avons été surpris par l'uniformité du public. Il n'y a pas de branchés ou de punks au Pérou.

Les garçons étaient sur le parterre et les filles sur les côtés. Nous avions retiré tous les morceaux lents à l'exception de "7000 danses" qu'ils trouvaient péruvien dans l'âme.

Le public attendait de nous un concert énergique. Entre chaque chanson le public criait, trépignait, ce sont vraiment des scènes inoubliables."

LES CLIPS

L'un des points forts de l'année Indochine. Jusqu'à présent leurs vidéos n'avaient pas été à la hauteur du groupe. Ils avaient décidé, après la déception de Gainsbourg, qu'il en serait autrement cette année. Mondino n'était pas libre pour illustré les "Tzars" mais il recommande au groupe un certain Marc Caro. Celui-ci offrira au groupe un clip "coup de poing" qui malgré quelques censures sera vu dans plusieurs pays!

Sur une idée du groupe, Jean-Denis Robert tournera un mini-film sur l'instrumental de la "Bûddha affaire", sorte de décadence baroque où les quatre Indos songent littéralement un quatuor à cordes alors que le studio s'écroule autour d'eux.

Ce clip ouvrira les concerts 88. Au même moment sort le clip couleur de Stéphane Clavier pour "La machine à rattraper le temps".

Cet été, ils ont tourné celui de "La chevauchée des champs de blé" avec un jeune metteur de scène de pub et de courts métrages : Sébastien Chantrel. "Nous ne voulions pas d'un film narratif mais plutôt la création d'une ambiance autour de la chanson. On a fait quelque chose de très physique, avec des visions immédiates. Il s'agit peut-être du clip le plus rock d'Indochine.

On s'est éloigné du côté un peu romantique que peut éventuellement suggérer le texte. Silhouette floue, caméra installée sous le ventre d'un cheval au galop, la performance technique est une nouvelle fois remarquable." Une cassette vidéo, que nous attendons tous, devrait regrouper toutes les images de l'année et des extraits de la tournée 88.

INDOCHINE : LE SEPTENNAT

Cet été le groupe a commencé séparément à préparer l'album qui ne devrait pas sortir avant un an. Vacances, voyages, réflexion pour nos quatre Indos.

"Nous allons tout faire pour que ce cinquième album soit le meilleur d'Indochine" disent-ils en guise de conclusion... Propos extraits du livre "Le septennat" de Marc Thirion (Éditions Carrière-Kain).

PRIVÉ

Discrétion pour ce qui est de leur vie privée. Un seul membre du groupe est marié (Stéphane en mai 87) mais c'est Dimitri qui le premier est devenu père de famille (juin 87). "Un enfant est une création humaine, donc ce qu'il y a de plus important dans la vie.

Cela a changé mon existence. Je me fais réveiller toutes les nuits, je suis donc plus fatigué, mais je gagne une force encore plus grande. Surtout, je suis un peu plus pressé de rentrer chez moi quand nous sommes en tournée."

"7000 DANSES" L'ALBUM

Quatrième album d'Indochine, résultant de six longs mois de travail dans les prestigieux studios de Miraval, Montserrat et Londres. "Avec "7000 danses" nous voulions un album produit qui sonne international.

Ainsi, il n'était plus possible de dire que nous étions un groupe de bricoleurs de synthés. Il était normal à notre stade de vouloir se payer une grosse production.

Cet album n'a pas explosé mais s'est quand même vendu à 300.000 exemplaires touchant un public fidèle qui nous a suivis. Nous étions en mutation de public. Cet album était plus difficile d'accès que les précédents."