Interview
Indochine : "Notre 1er
passage aux Francos restera inoubliable"
Souvenez-vous. C'était lors des premières francofolies spadoises. Indochine, après avoir triomphé quelques années auparavant à Stavelot, revenait sur la place de l'Hôtel de Ville de Spa pour y enregistrer devant 6000 personnes, un album-live tout à fait inoubliable.
Et puis, un peu contre toute attente, un an plus tard, sortit un best of sur lequel un nouveau titre venait d'être enregistré par deux rescapés de la folle aventure, à savoir Nicolas et Stéphane Sirkis.
Aujourd'hui, Indochine nous revient dans une forme inespérée avec un tout nouvel album simplement superbe et des premiers concerts à Bruxelles inouïs.
- On est plus des survivants qu'autre chose. Le départ de Dominique a peut-être relancé la machine. Il nous a permis en tout cas de retrouver la spontanéité et la fraîcheur des débuts avec en plus le professionnalisme que nous avons acquis depuis 15 ans.
On est très conscient de la chance qu'on a d'être toujours là car cela ne s'est jamais passé pour un groupe français.
Après le live enregistré à Spa, on était à peu près sûr qu'Indochine signait là son tout dernier album. Et pourtant...
- Oui, mais c'était plutôt une clôture de l'acte 1 car Dominique savait déjà à l'époque qu'il allait quitter le groupe. Nous, nous n'avions pas du tout envie d'arrêter.
Nous nous sommes évidemment posés un tas de questions dont la question de savoir si Indochine avait encore de la crédibilité avec le départ de son compositeur principal. Le challenge était de montrer que cela était possible et que le groupe avait encore sa raison d'être.
La présence de Dominique était devenue trop forte et commençait à nous étouffer. De plus, il ne voulait plus faire de la scène ou même de la promotion. C'est un grand guitariste mais qui n'est jamais sûr de lui et qui remet sans cesse en question ce qu'il fait.
C'était très difficile à vivre pour les autres membres de l'équipe. Avant de faire l'album, on a fait deux concerts privés à Paris pour voir si on pouvait se passer de lui. Et "malheureusement", cela a été le cas. Personne n'est irremplaçable. Même nous bien sûr...
Comment expliquez-vous l'accueil chaleureux que vous a toujours réservé le public belge?
- Stéphane et moi avons habité Bruxelles durant 12 ans. C'est dans cette ville que nous avons découvert le rock par des radios hollandaises. Les Belges sont plus ouverts et réceptifs à la musique rock.
Pour nous, c'est une grande référence si cela marche chez vous. Il n'y a jamais eu de fausse note avec le public belge car il accepte sans a priori notre démarche et notre musique.
On dit que les Francofolies de Spa restent pour vous un moment inoubliable dans votre carrière. À quoi tient cela?
- C'est un grand moment mais aussi un moment intense de stress car nous savions que tout était enregistré pour en sortir un live. Nous avons été véritablement soulagés lorsque nous avons écouté les bandes.
C'est un souvenir magique car les 6000 personnes présentes nous ont littéralement portés du début jusqu'à la fin. Il est d'ailleurs très question que nous revenions cette année à Spa. C'est en tout cas un souhait de notre part car, nous ne savons pas pourquoi, mais il y a quelque chose de génial qui se passe à chaque fois que nous jouons en Ardennes.
C'est un peu le même cas lorsque nous allons dans certains pays d'Amérique latine. Depuis près de dix ans, nous marchons très bien là-bas et tout simplement parce qu'un programmateur de radio à Lima a aimé ce que l'on faisait et nous a passé énormément.
Il y a eu une effet boule de neige qui fait qu'aujourd'hui encore nous jouons dans d'immenses salles. Si nous avions chanté en anglais, peut-être serait-on allés plus loin encore mais ça n'a jamais été notre but. De plus, vivre comme des stars de rock cloîtrées dans leur hôtel lors des tournées, cela n'a jamais vraiment été notre truc.