Nicola Sirkis
Il a repris la route avec Indochine, son groupe. Et
a pris la plume pour rédiger un premier livre.
Les mauvaises nouvelles : voilà bien une drôle de façon de titre un premier recueil de nouvelles (éd. Lattès)! Excès d'humilité? Clin d'oeil humoristique?
"Un peu les deux", lance ce jeune écrivain auteur-compositeur-interprète d'Indochine, groupe phare de la scène pop il y a quelques années, Nicola Sirkis avoue toutefois "préférer terminer vieil écrivain que chanteur de rock à la retraite".
Sans compter que cette passion du verbe a depuis le début orienté chacun de ses choix. "Dès que j'ai su écrire, j'ai rempli des cahiers et des cahiers, dit-il. À seize ans, j'ai même commencé un roman policier resté inachevé. Et par la suite, c'est encore le plaisir de jouer avec les mots qui m'a entraîné dans l'aventure musicale."
Une aventure qui commence véritablement en septembre 1981, sur la scène parisienne du Rose Bonbon, un club branché situé sous l'Olympia, où se produisaient tous les artistes du rock.
C'est là que le
groupe Indochine (en référence à Marguerite Duras), avec
Nicola au chant, son jumeau Stéphane au synthé, et deux autres
musiciens, Dimitri et Dominique, se produit pour la première
fois. Succès quasi immédiat. Concerts à guichets fermés.
Pendant près de dix ans, Indochine trône aux premières places du Top 50 (près de cinq millions de disques vendus).
Et les jeunes filles, électrisées tant par leur musique synthé que par la belle gueule de Nicola, reprennent en choeur les textes des Yeux noirs, de L'aventurier, de Troisième sexe ou Des fleurs pour Salinger (encore une référence littéraire).
Mais l'arrivée des groupes grunge comme Nirvana les laisse sur la touche. "Vrai", commente, laconique mais sans amertume, Nicola. Sans amertume parce que, depuis le mois de mai, avec son jumeau, il est en tournée à travers la France, et que les salles sont pleines.
Aussi parce qu'en février 1999 sortira un disque ("certainement un double album") d'Indochine. Enfin, parce qu'il n'en revient toujours pas, quand il entre dans une librairie, de voir son livre exposé au même titre que ceux des grands écrivains.