Le grand retour d'Indochine

Aujourd'hui sort leur
quatrième album qu'ils ont enregistré dans le midi de la France
et aux Caraïbes et mixé en Angleterre. Après près d'une année
d'absence, ils reviennent. OK! les a rencontrés.
Rencontrer le groupe Indochine est toujours un réel plaisir, et c'est un peu comme si on avait rendez-vous avec des amis.
On a en commun des tas de souvenirs, souvent drôles, qui nous lient et qui n'appartiennent qu'à nous, qu'à nous et aux lecteurs de Ok! bien sûr, puisque dans ces pages, chaque semaine, nous vous racontons, en textes et en images, tout ce que nous, journalistes, vivons pour vous lecteurs et lectrices...
Lundi, 12 heures 30.
Face à moi, des marches, des portes vitrées, un grand bâtiment
surmonté d'une antenne géante. Ce sont les Buttes-Chaumont, l'antre
de la télévision.
Ça n'est pas un hasard, justement aujourd'hui nos copains sont les invités vedettes de Christophe Dechavanne pour "Panique sur le 16". Panique pour moi aussi parce que l'heure tourne, que mon nez rougit, que mes pieds se glacent et qu'aucun des quatre Indo n'est encore arrivé.
Ça n'est pas leur genre d'être en retard, aussi je mets ce contretemps sur le dos de la circulation particulièrement intense. Mais soudain voici une Volkswagen noire qui fend la route.
Au volant, Nicola suivi de près par Dominik à moto, Stéphane et Dimitri arrivent quelques instants plus tard au courant. Vite, vite direction la salle de maquillage! C'est là, qu'entre deux couches de poudre, nous commençons à papoter.
Un album qui sort dans le monde entier...
Ça fait un bail tout
de même que nous ne nous étions pas vus, on a donc des tas de
choses à se dire. D'autant qu'aujourd'hui est une date
importante dans la vie du groupe puisque c'est le 12 octobre que
sort, enfin, son quatrième album intitulé "7000 danses".
"C'est le titre de l'une de nos chansons, explique Nicola, et on l'a choisi pour l'album parce que parmi nos neuf morceaux nouveaux, il y a des tas de rythmes différents. Ceux qui l'ont déjà écouté disent que c'est vraiment un album très différent des précédents.
Il faut dire qu'on a fait des chansons plus mélodiques, peut-être, dans lesquelles on a introduit des tas d'instruments nouveaux pour nous, comme le piano classique ou une section de cuivres. Il y a aussi un morceau instrumental qui ressemble à une grande valse et qui sera désormais en ouverture de nos prochains concerts".
Cet
album, cela fait longtemps qu'on en parle et déjà pendant leur
tournée de l'été 86, Dominik en avait ébauché certains
morceaux.
"Après la tournée, poursuivit Nicola, on est tous partis en vacances et c'est à partir du mois de novembre qu'on a commencé à travailler dessus, en répétant dans un vieux cinéma désaffecté à Paris.
Et puis, en février 87, on est partis tous les quatre au studio de Miraval dans le sud de la France pour l'enregistrement proprement dit. Cette année, nous avons enfin eu les moyens de prendre notre temps et on s'est pas gênés puisque nous sommes restés trois mois là-bas!
Sachant cela, on a voulu choisir un studio qui ne soit pas en sous-sol, comme c'est souvent le cas, mais plutôt un endroit avec des fenêtres qui nous permettraient de voir la lumière du jour.
Miraval,
outre ses qualités techniques indéniables, nous apportait cela
aussi. C'est également pour ça que nous avons enchaîné avec
trois semaines aux Caraïbes, à Montserrat.
Là-bas, on vivait tous dans une grande maison et lorsqu'on ne travaillait pas, on se régénérait avec l'air ambiant. C'est un site magnifique où il n'y a pas encore un seul touriste. L'idéal en somme.
On a tous été séduits par l'endroit et, d'ailleurs, Dimitri s'est promis d'y retourner au mois de décembre.
On s'est beaucoup baladés dans la jungle, on est allés écouter des groupes de reggae sur la plage et on a tous ramené, dans nos bagages, le miel le plus parfumé qu'on ait jamais goûté. Et aussi, bien sûr nos chansons, dont une, "La maison perdue" que nous avons créés sur place.
Mais
nous n'avions pas terminé pour autant. Car ensuite, nous sommes
partis à Londres pour le mixage. Et le 10 juillet, enfin, l'album
était terminé".
Un album que tous les fans français attendent, bien sûr, mais aussi les autres car figurez-vous que ce disque s'apprête à sortir simultanément dans le monde entier.
Au total 27 pays. Du jamais vu encore pour un groupe français! C'est ainsi qu'au mois de janvier, Indochine donnera, au Pérou, des concerts dans des stades de 20 000 personnes.
Des frissons en perspective! Puis ce sera le Canada, la Scandinavie, etc... avant de s'installer en février 88, au Palais des Sports pour dix jours et d'entamer une grande tournée dans nos contrées.
Mais
où s'arrêtera donc Indochine? "On ne sait pas, justement,
disent-ils. Disons qu'on a l'intention de faire encore deux
albums, après on verra". On verra?
Doit-on comprendre que le groupe envisage de se séparer? "Non, il n'est pas question de ça. Mais on ne peut pas toujours faire la même chose dans la vie". Et par quoi seraient-ils donc tentés?
"Peut-être par le cinéma, mais plus en tant qu'acteurs que réalisateurs. Il faut voir". En attendant, Nicola, qui s'est offert une caméra vidéo, a filmé tout l'enregistrement de l'album, un document précieux qu'il serait vraiment dommage de ne pas diffuser au public.
Côté vie privée : silence!
Nicola,
cela dit en passant, est toujours aussi mignon même s'il a coupé
ses cheveux lors de son séjour à Montserrat. Changement de look,
changement de vie aussi? "Oui, cette année, on a tous quitté
nos parents et on s'est pris des appartements."
Cela confirmerait-il certaines rumeurs selon lesquelles Indochine se serait agrandi de quelques femmes et enfants? "Comme tout le monde, on a lu ça dans une certaine presse, mais ces informations n'émanent pas de nous. On reste toujours très discrets sur nos vies privées. Vous n'en saurez pas davantage!!!"
Ça
fait maintenant une bonne heure qu'on papote assis dans un coin
du studio pendant que tout le monde s'agite autour de nous.
Stéphane regarde son pouce droit enfilé d'un air désespéré. "Je me le suis cassé la semaine dernière, dit-il et comme on fait beaucoup de télévision, je ne peux pas mettre de plâtre, ça ne serait pas très pratique pour jouer de la guitare".
Dimitri, qui n'a pas eu le temps de déjeuner, grignote des gâteaux au chocolat.
Dominik observe, comme à son habitude, jamais bavard mais toujours souriant. On passerait bien encore un long moment ensemble, mais le rouge de la caméra s'allume. En place! Et un et trois et quatre!...