33 ans pour toujours...
Comme leur héros, Bob Morane, les Français d'Indochine carburent à l'eau de jouvence. La preuve dimanche soir aux Halles de Schaerbeek.
Il existe bel et bien un phénomène "Indochine", plus vivace que jamais 18 ans après les débuts du groupe. Le public en nombre, dimanche soir aux Halles de Schaerbeek, a pu le vérifier et se laisser emporter par le tourbillon d'énergie et de ferveur généré par Nicola Sirkis et ses camarades.
Je ne parle pas beaucoup, dira-t-il à deux ou trois reprises, mais c'est parce qu'il y a beaucoup d'émotion ce soir. L'émotion, elle est surtout le fait du décès de son frère Stéphane, un décès que rappelle d'ailleurs un foulard noir noué au pied de son micro.
À quelques mètres, la salle, complète depuis bien longtemps (un second concert aura d'ailleurs lieu le 20 novembre à Forest National, excusez du peu), est noire de fans souvent jeunes. Et il semble bien même bien qu'une nouvelle génération - accompagnée des parents - soit en train de prendre goût à "Tes yeux noirs" et autres "Trois nuits par semaine"...
Quant à savoir si leurs petites oreilles ont supporté le rock rythmé et carré délivré par Indochine tout au long de cette soirée, c'est une autre question.
Ajoutez à cela un light show pour le moins impressionnant, digne d'une grande salle, et vous aurez une idée de toute l'ampleur des manoeuvres que les Français entendent poursuivre, malgré la disparition de l'un des leurs. De vous voir tous là, dira encore Nicola, Stéphane est fier.
La formation se libère très rapidement, enchaînant la plupart de ses tubes, de "3ème Sexe" à "Canary bay" en passant par "Drugstar" extrait de l'album "Wax" et "Miss Paramount" aux sonorités toujours eighties.
Pour l'occasion, puisqu'il sort fin août, le nouvel album ("Dancetaria") se dévoile le temps de deux ou trois titres dont l'actuel "Juste toi et moi" qui est déjà repris en choeur par tous les fans. Les versions proposées font souvent l'objet d'un traitement musclé, allant même jusqu'à transformer "Des fleurs pour Salinger" en un hymne techno.
Deux heures et deux séries de rappels plus tard, sans avoir fait l'impasse sur l'éternel "Aventurier", Nicola Sirkis s'offre une reprise : "Heroes" de David Bowie, qui sonne alors comme un ultime au revoir...