Indochine en révolution

Ils nous avaient conviés, dans le plus grand secret, à goûter du bout des oreilles, et en primeur, ce qui sera sans nul doute l'album le plus percutant de la rentrée '96.

Ils, ce sont bien sûr les trois Indochine, pas peu fiers de Révolution, treize nouvelles chansons qui ont mis un an et demi à voir le jour, et qu'Indo a enregistrées au Studio ICP de Bruxelles.

C'est là que nous avions rendez-vous (c'est même Jean-Louis Aubert, ex-Téléphone, qui a ouvert la porte!), avec, comme destination musicale, l'enfance, encore et toujours, et ses espoirs naïfs et simplifiés.

"C'est vrai que nos textes, ici aussi, parlent beaucoup de demain, d'envies et de promesses", analyse Nicola avec sympathie. "C'est très utopique, je sais, mais c'est notre dernier disque sur ce thème.

Cela dit, Le baiser et Un jour dans notre vie ne l'abordaient pas. Je pense que si je reviens toujours à l'adolescence, c'est parce que les gens n'arrêtent pas de me dire que je ressemble encore physiquement à un adolescent, moi qui ai trente-sept ans! Et puis, quand on est rocker, on est éternellement jeune!"

Ils n'embrassent pas

D'un dynamisme rythmique à faire se soulever la robe du pape (pour avoir le meilleur du fruit, mordez d'abord dans Drugstar, Kissing My Song ou Unisexe mais contournez Coma, Coma, Coma ou L'amoureuse), Révolution a tout intérêt à remercier Alexandre Azaria, dernière trouvaille guitaristique du trio infernal.

"Mon titre préféré, je pense que c'est Je n'embrasse pas, poursuit Nicola. Ça fait évidemment référence au film de Téchiné, mais plus largement à une certaine prostitution masculine, ou à ces gens paumés dans leur province qui ont du mal à faire le pas vers un type précis de sexualité.

Quant à Mire-Live, qui parle de l'excision des petites filles et de la pédophilie entre autres, il est évident qu'aujourd'hui cette chanson est terriblement d'actualité en Belgique. Mais c'est une pure coïncidence puisqu'elle a été écrite en mars, alors que Julie et Mélissa ont été retrouvées en août.

Quelle est ma réaction par rapport à ça? Quelle réaction avoir, si ce n'est que je me rends compte que les enfants vont être traumatisés, à l'avenir, à l'idée de sortir de chez eux."