Indochine exporte son Péril Jaune
Après une tournée
helvético-franco-belge, et, le 2 avril le Printemps de Bourges,
le groupe Indochine va s'exporter sur d'autres continents :
Canada, Pérou, Suède, Japon, Australie, Nouvelle-Zélande et
enfin Nouvelle-Calédonie.
Ceux qui ont eu l'occasion de voir Indochine en concert lors de cette tournée qui a sillonné la France en faisant un détour par Bruxelles et Lausanne, savent à quel point, deux ans après leur précédent spectacle, le groupe a acquis à tous points de vue, une stature internationale.
Pour le tour 88, ils ont apporté à la scène leur expérience du studio pour l'enregistrement de l'album "7000 danses". Ils avaient souhaité pour le trente centimètres, avoir une batterie, et c'est Marc Brzezicki, du groupe écossais Big Country, qui leur avait prêté main forte, appuyé à la batterie programmée par Werren Cann d'Ultravox.
Sur scène c'est Jean-My Truong, le "vietnamien", un ami de longue date, qui a pris les baguettes, et Diego Burgard, le "Mexicain", le programmateur habituel des Indo, qui tient la basse.
Pour cette tournée capitale dans la carrière du groupe, Nicola, Dominik, Stéphane et Dimitri ont mis le paquet. Nos quatre formidables, sont passé à la vitesse supérieure quant aux moyens techniques et financiers mis en oeuvre.
Qu'on en juge : une équipe composée de quarante personnes, quatre semi-remorques pour emmener le matériel, et au total plus de six cents tonnes à transporter de ville en ville! Lorsque l'on assiste au concert, on pourrait presque se demander où sont les six cents tonnes tant le décor est sobre.
Essentiellement une architecture métallique en gradin avec un dernier niveau laissé libre et accessible des deux côtés de la scène, pour permettre à Nicola de se déplacer partout autour du groupe et de rester visible en permanence.
Mais
il y a surtout un travail extraordinaire effectué sur le son et
les lumières. La sonorisation de Patrick Clerc se raconte
difficilement, mais le résultat est parfait : un son clair,
puissant, sans jamais être agressif.
Et puis un show, c'est évidemment très visuel. Aussi Indochine a-t-il choisi de faire appel à un maître des lumières, Jacques Rouveyrolis, qui leur a échaffaudé des éclairages qui valent bien tous les décors.
Chaque chanson, chaque moment fort du spectacle trouve son ambiance propre grâce à une batterie particulièrement impressionnante de projecteurs de toutes les couleurs. C'est simple, il y en a partout!
En l'air, sur six ponts métalliques au-dessus de la scène; sur les côtés, des batteries de projecteurs de lumière blanche découpent l'espace : derrière le groupe, une rangée multicolore braquée vers la salle permet des mariages de couleurs très surprenants; entre les musiciens et sur la scène même, des projecteurs de lumière blanche surpuissants éclairent le public; et enfin, des poursuites : rien d'extraordinaire en soi, sinon que deux d'entre elles sont braquées depuis le fond de la salle sur un gong qui oscille doucement au milieu d'une scène envahie par les fumigènes.
C'est un effet assuré! Un grand faiceau de lumière balaye les spectateurs de bas en haut au rythme du balancier. Magique!
Voilà donc le cadre exceptionnel pour l'interprétation des nouvelles chansons de "7000 danses" mais aussi des innombrables tubes (quand on croit qu'ils les ont tous interprétés il en reste toujours un) qui transforment un concert d'Indochine en une méga-boum d'enfer. "Pour cette tournée, on voulait vraiment quelque chose d'extra, assure Nicola, que ce soit "Indochine sur scène".
Plus encore qu'il y a deux ans, la tournée d'Indochine est l'événement-concert de ce début d'année, et pour faire bonne mesure, les Indo nous offrent également un très joli film d'introduction : "La Buddha affaire", réalisé spécialement pour l'occasion par Jean-Denis Robert.
La
salle en effervescence monte à chaque fois d'un cran dans l'hystérie
quand apparaissent tour à tour, en gros plans sur l'écran géant,
Dominik, Stéphane, Nicola et Dimitri.
Lorsque l'écran se replie, la tension est à son comble pour accueillir le groupe prêt à jouer pour plus de deux heures de concert parfaitement huilé.
Les quatre amis se donnent à fond pour faire passer dans la salle la ferveur d'un répertoire que tous connaissent intégralement et reprennent en choeur. "Nous sommes très heureux de voir les chansons de l'album prendre vie sur scène.
Des morceaux comme "La chevauchée" ou "7000 danses" sont formidables à interpréter, explique Nicola. Ça a été dur de limiter la durée du concert à deux heures dix. D'une part il y a les nouvelles chansons que nous voulions jouer, les anciens succès aussi, et autant que possible, il fallait faire des versions de concert, plus longues.
De nombreux titres font six à sept minutes sur scène". Et puis il y a la surprise : Indochine n'avait à ce jour fait qu'une seule reprise, leur fameuse version de "L'opportuniste" de Jacques Dutronc.
Pourtant, sans qu'ils l'aient calculé alors, "Dizzidence politik" sonnait un peu comme quelque chose de connu. Un dosage savant de ces musiques a donné dix minutes de plaisir où se mélangent leur premier hit et le fameux tube de Dutronc (encore lui!) : "Et moi, et moi".
Enfin pour terminer la soirée sur une note sensible,
c'est "La maison perdue" qui raccompagne petits et
grands chez eux. Pendant cette tournée, les Indo ont aussi fait
la courte échelle à leurs copains.
Au Zénith, comme en province, on a pu découvrir sur scène quelques-uns des meilleurs groupes rocks qui nous aient été révélés ces derniers mois, tels que les Innocents, les Ablettes ou encore Noir Désir.
Maintenant la caravane va prendre la voie des airs. Première quinzaine d'avril, Indochine remplira l'équivalent de deux Zénith à Montréal, et puis ils iront découvrir Lima, la capitale du Pérou où ils donneront plusieurs concerts aux tarifs adaptés aux moyens du public de ce pays pauvre.
Si le groupe avait jusqu'à présent séduit par son talent et son authencité, il a également prouvé aujourd'hui, s'il en était besoin, son grand professionnalisme, et s'est assuré une nouvelle page d'histoire à tourner. Indochine, la saga continue!