Le rock teenage
L'explosion d'Indochine
s'est faite, souvenez-vous, juste après la dissolution de Téléphone.
En un tour de maestria, ils ont réussi à reconquérir un public
d'adolescents et surtout, à les ramener en meute dans les
concerts de rock.
Aujourd'hui, ils marquent d'un sceau l'avènement d'une décennie consacrée au rock, avec une compilation intitulée "Le Birthday album".
Un inédit, "La Guerre est finie" fait office de single. Bilan de 10 ans de carrière avec Nicola, le chanteur porte-parole du groupe.
Pourquoi avez-vous décidé de faire une compilation au bout de dix ans de carrière?
Ça s'est décidé pour plusieurs raisons. La première est bassement commerciale car on doit encore un album à notre maison de disques, étant donné qu'on ne compte pas faire un nouvel album avant septembre 92.
Pour nous c'était très important de le faire. Un groupe français n'a jamais tenu plus de dix ans et nous on est toujours là et on a voulu réunir nos chansons pour marquer un cap.
En les réécoutant, j'avais "oublié" qu'on avait fait des choses aussi bien! Mes préférences? Mes préférences? "Trois nuits par semaine" ou "Tes yeux noirs" mais je les aime toutes.
C'est un bilan pour vous?
Pas de bilan, plutôt un résumé, 10 ans de carrière c'est bien. En plus, on a senti que c'était le moment opportun de le faire.
Où se situe Indochine aujourd'hui dans le paysage musical?
Nulle part! On fait ce qu'on a envie de faire. On a toujours eu le cul entre deux chaises. On est trop rock pour les gens de la variété et vice vers. Mais on est toujours resté dans une certaine élégance. On se soigne et on soigne nos musiques et nos textes, c'est tout.
Vous n'avez pas peur d'être un peu en perte de vitesse?
Ça, ça nous préoccupe nettement moins. Même plus du tout car on fait ce qu'on veut quand on veut et on vend toujours 200 000 disques sans faire toutes les télés. Ça me fait dire que ça marche. Ça veut dire qu'on a toujours un public, que les gens sont là.
Votre étiquette rock, vous vous en souciez?
Non, on s'en fout.
Qu'est-ce que c'est le rock aujourd'hui?
C'est pas grand-chose. C'est faire sa musique, écrire sa musique et ne faire aucune concession. Il faut une dose de spontanéité et d'inconscience. C'est ça le rock. Bruel, lui, il est arrivé où il voulait en venir. Ça fait 10 ans qu'il essaye d'arriver là où il est. Nous, pendant 10 ans on s'est dit "on y est". On s'est pas battu pour y arriver.
Après la compil, qu'est-ce que vous allez faire?
Peut-être une tournée cette année. Stéphane et Dominik ont tous les deux un bébé alors... mais aussi, pendant 8 ans on ne s'est pas arrêté. Un retour sur scène s'annonce.
Quel est votre plus beau souvenir avec Indochine?
Y'en a plein et ils sont liés à la scène. La plus grande émotion quand même, c'était derrière le rideau de l'Olympia la première fois. Bien sûr il y a aussi le Zénith, le Pérou, le Canada, la Suède. Un des plus beaux trucs aussi c'est d'avoir fait revenir dans les années 84 tout un public d'adolescents dans un concert rok.
Et le moins beau?
Ce serait la mort de Jean David, notre manager... Ce qui nous a un peu gonflé aussi c'est d'avoir dû être escorté par des flics au Pérou. Ça a un peu cassé l'histoire.
Et comment se porte le trio aujourd'hui?
On est plus unis qu'avant. On a 30 ans, y'a plus d'états d'âme entre nous. On se fait confiance.