Indochine : tonique mais décevant

Depuis la dissolution de Téléphone, ils sont le "premier groupe de rock français". De quoi? Oui, oui, vous avez bien lu : de rock. Maintenant, c'est ce qu'on dit... Il est vrai qu'il faut des premiers partout.

Comme en France, les groupes de rock qui marchent - et pas seulement l'espace de quelques semaines - ne courent pas les rues, pourquoi ne pas attribuer ce titre à Indochine.

Mais, au fond, le problème n'est pas de savoir à quelle catégorie ils appartiennent - s'il fallait vraiment le faire, ce serait peut-être plus compliqué qu'on ne le pense - mais de savoir ce qui fait leur succès.

Car succès il y a, indéniablement. Si la Maison des Sports n'était pas comble, hier soir, ils étaient quand même nombreux les fans à s'être déplacés pour venir applaudir la bande des deux frères Sirkis.

Et c'est là qu'est, peut-être, le "hic" : la scène. Sur scène, on ne peut pas tricher. La voix du chanteur, par exemple, parvient aux oreilles du public... telle qu'elle est.

Et si la prestation du leader du groupe, sur ce plan-là n'a pas été aussi déconcertante qu'on aurait pu le craindre, il faut bien reconnaître que l'on a quand même été bien déçu.

Sur scène, les chansons ne succèdent les unes aux autres, quasiment sans interruption. Entendre un titre d'Indochine à la radio, même si l'on est pas fanatique, ça passe très bien. Entendre - et non écouter - une quinzaine de titres d'Indochine les uns à la suite des autres, ça lasse un peu.

Sinon beaucoup! Leur musique est simple et tonique, leur son un mélange de guitare "Shadows", de rythmes empruntés aux racines (lointaines!) du rock et d'une utilisation appuyée de l'électronique.

Si au départ leurs titres se remarquaient par leur originalité; aujourd'hui, en se cantonnant dans un style qui a fait son succès, Indochine risque de perdre ce qui justifiait qu'on s'intéressa à lui : cette originalité musicale précisément.

Toutefois, le groupe, depuis maintenant sept ans qu'il existe a su se constituer un public, sans cesse plus important. Un public auquel les quatre musiciens, tout de noir vêtus - comme il se doit - ont offert un set très tonique, certes, mais quand même bien décevant.