Indochine, pas des mauves Viets!

1, 2, 3, 4 comme dans la chanson "Les Tzars", quatre musiciens et quatre journalistes, devinez qui était en retard? Le groupe Indochine, bien sûr. Comme pour s'excuser, Bruxelles aura droit à leur premier concert de cette tournée dite des 7.000 danses.
Les retardataires ont toujours tort, même s'ils sont plus mignons que Pépé Gainsbourg. Cela fait quatre ans que le groupe rock le plus populaire en France et ailleurs, d'ailleurs, n'a pas fichu les pieds sur une scène belge.
En guise de réparation, Forest connaîtra, le péril jeune avant le Zénith parisien et pour une fois, ce sera aux confrères français de se déplacer dans notre bonne ville.
Les frères Sirkis, Nicolas et Stéphane sont la moitié du groupe, ont passé une partie de leur enfance en Belgique. On ne s'étonnera pas alors de la façon de chanter de Nicolas : il a appris dans les Marolles ainsi que le laissent présumer ses finales en "eï".
Deux questions turlupinaient particulièrement les frangins : "Existe-t-il des groupes d'extrême droite en Belgique?" et "Y a-t-il des émissions de télé dites humanitaires sur nos chaînes?" Après ça, les Indochinois pourront encore raconter que la politique ne les intéresse pas!
"Chaque fois que nous faisons une tournée, nos affiches sont recouvertes par celles des politiciens en campagne électorale. Plusieurs maires, de droite ou de gauche, nous ont déjà appelés pour pouvoir acheter des milliers de tickets de concert afin de les offrir aux jeunes de leur ville.
C'est une manoeuvre électorale et nous avons refusé comme nous avons refusé de faire les poireaux dans une émission qui s'appelle "L'Heure de vérité". Notre public, bien que jeune, est assez majeur pour savoir pour qui voter."
Cela dit, les textes de leurs chansons sont savamment décortiqués dans les lycées français et pas sans raison...
"On a reçu des lettres de lycéens qui nous disaient avoir dû faire des exposés sur Che Guevara et c'est grâce à cette chanson, "Les Tzars", que la fille de Jack Lang sait aujourd'hui qui était le Ché. Lorsque nous étions à l'école, ça nous énervait de devoir faire des interprétations de textes de Baudelaire ou Appolinaire parce qu'ils n'étaient pas là pour les expliquer."
La langue française d'Indochine ne pose pas de problème à leur carrière internationale. Les Scandinaves ont déjà craqué et aujourd'hui, ce sont les Péruviens qui les réclament...
"Au Pérou, on a vendu cinquante mille albums et on ne sait pas comment. Pour le Chili, on n'était pas très enthousiastes avant la signature du contrat et puis, on a réfléchi et on s'est dit que c'était le peuple et pas Pinochet qui achèterait nos disques."
Et c'est peut-être tout le peuple des lycées bruxellois qui viendra danser les sept mille danses le 11 février à Forest National. Au fait, devinez qui s'occupera des lumières? Rouveyrollis! Comme pour Johnny et France Gall...