Indochine 88 de Maison-Alfort à Buenos Aires

L'énergie d'un groupe
D'Alfortville à Grenoble, de Quito à Sydney, en passant peut-être par Trifouilly-les-Oies, Indochine s'apprête à tourner autour de la chic planète rock. Pour nos quatre héros, un seul mot d'ordre pour 88 : "On the road again!"
Nicola raconte au
reporter épuisé de Salut! le programme de l'année du groupe
number one de l'Hexagone. Un programme chargé.
Jeudi 17 décembre. Proche banlieue parisienne, la ville s'appelle Alfortville. Une cité urbaine tout ce qu'il y a de commun. Un peu tristounette et désespérante. À côté, heureusement, il y a Paris et ses lumières. Mais c'est à Alfortville que le rendez-vous était fixé.
Dans un vieux cinéma laissé pour compte depuis quelques années, remplacé en un lieu de répétitions pour bon nombre de groupes et chanteurs de l'Hexagone. Indochine, le band number one de notre saint pays, s'est installé pour préparer son immense tournée 88.
Les quatre indochinois se sont établis dans cet antre depuis le début décembre. À raison de huit bonnes heures par jour, ils répètent intensément tous les morceaux prévus au programme de leur live show.
Cette tournée 88 s'annonce comme la plus importante que le groupe ait effectuée. Départ le 3 février à Grenoble. Terminus : neuf mois plus tard, quelque part au bout du monde, aux antipodes. De fait, la gang "made in France" va tourner quasiment autour du monde, à l'exception des États-Unis et de l'Angleterre, ces deux pays fermant encore leurs frontières au groupe.
À une évidence de réussite musicale internationale. Mais avant ce grand tour autour de la chic planète, Nicola et ses trois acolytes se sont donné rendez-vous à Alforville, dans cet ancien cinéma transformé en local de répétitions.
Petit
break et arrêt buffet entre deux séances de répétitions. Au
menu : salade composée d'oeufs durs, de tomates, de thon, de
poivrons. Tout ce qu'il y a de plus léger pour garder la forme.
À peine débarqué dans cet antre, on y découvre six énergumènes excités rivés à leurs engins instrumentaux respectifs. Détail : au fond de la pièce, installé sur une estrade, un batteur, vieux pote du groupe, invité à jouer sur la tournée, puis aux quatre coins du local, face à face, tous les autres musiciens, à savoir nos quatre héros plus un guest, bassiste de son état, ami de longue date du groupe. En somme, une véritable formation rock-scène.
Le challenge est clair et net pour Indochine : après avoir prouvé, au fil de leurs albums, leur grand professionnalisme en studio, les Indochine se doivent de confirmer leur talent scénique. Pour ça, le groupe se donne tous les moyens nécessaires pour réussir leur live show : des moyens de répétition dans leur studio d'Alfortville, une équipe de tournée comprenant trente-cinq techniciens, un film intitulé "Bouddha Affaire", diffusé durant le concert, et toute une artillerie d'instruments électroniques de dernière pointe, achetés par les bons soins de Dominik, le compositeur homme-orchestre du groupe.
À
mon arrivée, je suis frappé par la qualité sonore de l'orchestration.
Le swing est là, les esprits sont alertes, vifs, animés par le
réel désir de surprendre, de réaliser la tournée de l'année.
Entre deux chansons, j'arrive à coincer Nicola, le chanteur d'Indochine,
un jeune type qu'on ne présente plus.
Alors que ses acolytes partent dans une salle attenante casser une petite graine, Nicola accepte de bavarder rapidement avec moi sur la tournée du groupe et l'avenir immédiat de celui-ci. D'un verbe précis, Nicola parle, l'air rassuré et serein.
Pour lui, cette tournée est un grand moment dans la carrière du groupe. C'est celle de l'aboutissement. De son côté, Nicola avoue que cette prochaine expérience live s'annonce comme une grande gageure vocale.
En effet, il va abandonner l'instrumentation des claviers pour se consacrer exclusivement au chant. Tâche rude. Au programme, toutes les chansons du dernier album "7000 danses", celles des albums précédents, ainsi que des inédits. Tou ça pour un show d'environ deux heures.
"La tournée, m'explique Nicola, démarrera début février à Grenoble, et pendant plus de trois mois, nous tournerons en France pour une trentaine de dates. Ensuite, après le mois d'avril, nous attaquerons l'international.
Au mois de mai, Indochine sera en Amérique du Sud. Nous rendrons visite à un grand nombre de pays latinos. Tu sais, c'est fou, on s'est aperçu de notre succès en Amérique latine. Exemple, on a vendu au Pérou plus de 120 000 albums. C'est carrément du délire, quand on connaît le nombre de platines qui peuvent être recensées dans ce pays!"
Juste avant la tournée, Indochine participera au tournage de son nouveau vidéo-clip, adapté du titre "La machine à rattraper le temps". Celui-ci sera réalisé par Christian Clavier, un jeune homme qui monte, lancé par le clip des Gipsy Kings. Visiblement, pour Indochine, ce début d'année 88 s'annonce bien rempli. Qu'en sera-t-il pour la fin? Wait and see.