Indochine, capitale Lima
La venue d'Indochine à Lima, fin avril, a fait la une de tous les journaux. Un événement équivalent à la venue de Madonna à Sceaux.
Quel est le groupe français qui vend le plus en France et dont le dernier album ("7000 Danses") est sorti dans 27 pays?
Réponse : Indochine. Guitares fluides, mélodies accrocheuses, leur pop véhicule une rébellion d'éternels adolescents.
Avant l'Australie et le Japon à la rentrée, l'épisode péruvien de leur tournée a été plutôt mouvementé.
Un député, le ministre de la culture, les médias, tout le monde s'en est mêlé.
Ils ont même dû aller s'expliquer au Tribunal.
Au début de l'année, un peu partout en France étaient placardées de grandes affiches annonçant les dates de la tournée d'Indochine : Lyon, Paris, Bruxelles... Un parcours sans surprise en somme, si ce n'est qu'en bout de liste figurait un pays, le Pérou. Indochine au Pérou? Ça avait l'air d'un gag. Qu'est-ce qu'ils pouvaient bien aller faire là-bas?
À coup sûr, les péruviens n'avaient jamais entendu parler des Indos... Erreur! Au Pérou, Nicola, Stéphane, Dominik et Dimitri sont des stars.
En dépit de la barrière de la langue, les jeunes au-delà de la Cordillière des Andes se sont épris de leurs chants chargés d'un romantisme échevelé. C'est en écoutant l'album live d'Indochine (record des ventes au Pérou : 150.000 exemplaires.
Dans un pays de 17 millions d'habitants, ça fait beaucoup!) que les muchachos ont découvert leurs chansons. Tout comme les français, les gamins péruviens rêvaient de voir leur idoles en chair et en os.
L'annonce des deux concerts du groupe à Lima fin avril a fait la une de tous les journaux. C'était un événement, l'équivalent ici de la venue de Madonna au Parc de Sceaux.
On se souvient que le Maire de Sceaux en avait fait, à l'époque, toute une histoire. La fille de Chirac qui est une fan de la Madonne était même intervenue auprès de son papa pour qu'il arrange les choses. Le passage d'Indochine au Pérou a provoqué des remous comparables.
C'est un député péruvien qui a lancé l'assaut en accusant le petit Nicola et sa bande de venir voler le pain des péruviens (chanson connue...) et de ne penser qu'à s'en mettre plein les poches au détriment du budget d'une nation pas très riche et, surtout, de faire dans leurs chansons l'apologie de l'homosexualité et de l'usage de la drogue. Il ne les a pas traités de suppôts de Satan, mais presque.
Dans la foulée, il a réclamé que l'on fasse annuler leurs concerts. En signe de protestation, les jeunes ont aussitôt défilé dans les rues de la capitale. Le ministre de la culture s'en est aussi mêlé.
L'homologue péruvien de Jack Lang a dû officiellement démentir que le groupe toucherait 500.000 dollars pour sa prestation, comme le prétendait la rumeur.
Rumeur tenace et histoire embrouillée avec l'organisateur de la tournée puisque l'affaire s'est finalement réglée au tribunal de Lima. C'est toujours une expérience intéressante...