Indochine : nouveau départ

Les revoilà! Indochine reprend la route. Le trio se reforme avec Nicola Sirkis (à gauche) et de bonnes résolutions. Good Luck!

Les années 70 ont appartenu à Téléphone, les années 90 sont en passe d'être celles de Noir Désir et entre ces deux pôles (on mettra les Rita Mitsouko à part), il y a eu Indochine. Reformé, le groupe veut conquérir un nouveau public. Nicolas s'explique.

Indochine, les "tzars" des très techno années 80. Après une escapade solo (Dans la lune), Nicolas Sirkis a retrouvé ses complices pour Un jour dans notre vie, l'album d'un retour annoncé.

Avez-vous fini vos velléités d'indépendance?

Nicolas Sirkis : La parenthèse est fermée. Il n'y a pas de deuxième disque de prévu, le premier s'est vendu entre 40 et 45 000 exemplaires.

Pourquoi "Savoure le rouge" (ndlr : leur premier 45T, au texte assez audacieux)?

N. S. : Même si cela peut paraître prétentieux, j'ai été inspiré au départ par une toile d'Egon Schiele. Le rouge, c'est la couleur charnelle par excellence, celle du sexe.

J'ai lu plein de livres sur Schiele, c'est quelqu'un qui a eu la même trajectoire qu'un Rimbaud, il a eu des démêlés avec les autorités. Je voulais écrire une chanson sur l'acte amoureux sans être machiste, ni pornographique.

Vous existez depuis plus de douze ans. Vous faites presque partie de la vieille garde.

N. S. : C'est la raison pour laquelle on n'a rien fait ensemble depuis trois ans et demi. Le Birthday Tour de 1992 nous a montré qu'il y avait un renouveau du public, que nous touchions une nouvelle génération. Nous voulions désormais faire les choses à notre rythme.

Dans les années 80, il a fallu être agressif, être toujours numéro 1, cela correspondait à la philosophie de la décennie. Nous préférons maintenant vivre ce genre de choses tous les trois ans que tous les ans, comme ça on ne se torture pas la tête.

Ne vous a-t-on pas reproché de chanter faux?

N. S. : Un jour, j'ai lu que je chantais faux, alors je suis allé chez un professeur de chant. Résultat : aujourd'hui, je chante les Noces de Figaro. Il faut se débrouiller avec ce qu'on sait faire.

Les Simples Minds, U2, Clash on appris sur le tas, ce sont des autodidactes, ils ont progressé sur la longueur. Cela dit, je ne me suis jamais cassé la voix, question de technique! Et de toute façon, nous n'avons jamais prétendu être les Beatles.

Vous avez connu le grand succès. Cela ne vous-a-til pas donné la grosse tête?

N. S. : Tous nos amis vous le diront, nous n'avons jamais eu ce genre de problèmes. Nous avons toujours gardé les pieds sur terre, mais on comprend que certains attrapent la grosse tête.

Quand tu as du succès, on te félicite sur du vide. Être pop star, ce n'est pas être chirurgien, il faut connaître les règles du jeu de la société dans laquelle on évolue.

Avez-vous des conseils d'aîné à donner à vos cadets?

N. S. : Faire attention à son entourage, ne pas se laisser embringuer par les idées des maisons de disques, préférer un clip à 30 000 F à un clip à 300 000 F et préserver son indépendance.

La perte de succès?

N. S. : C'est comme ça, on ne peut rien y faire. On a déjà connu cela et on a survécu.