En route pour les nouvelles aventures d'Indochine...
Avant
de venir jouer à La Luna, Indochine sera présent sur le plateau
de Tour de chance.
BRUXELLES. - Douze ans qu'ils distillent avec bonheur leurs chansons french pop, et pas encore une ride qui se dessine sur leur front.Malgré leur bouilles drefusé de grandir, 'adolescents qui auraient les membres dcependant mûri.'Indochine ont
En 1991, après les fastes sans doute trop turbulentes d'un dixième anniversaire (une compilation et une tournée), on croyait nos Indos au bord de la saturation.
Pourtant, à quelques heures de la Saint-Sylvestre, Nicolas, Dominique et Stéphane nous reviennent avec le salvateur Un jour dans notre vie. Surprise : les tics et les tocs du groupe on été limés et les guitares ont baillonné les nappes de synthé qui servaient jadis de carte de visite au groupe.
- Vous n'aviez plus enregistré de nouvelles chansons depuis 1989. Est-ce que ce break a été bénéfique?
- Indochine : "Pendant les huit premières années de notre carrière, nous avons travaillé à un rythme assez soutenu. Finalement, c'était assez dur à gérer. Musicalement, nous avions encore de bonnes idées, mais il manquait sans doute un brin de magie pour les concrétiser.
Après l'album solo de Nicolas, le groupe a réussi à évacuer ce sentiment de saturation. Un jour dans notre vie a été enregistré très rapidement. Ces trois dernières années, Nicolas a beaucoup grifonné dans son calepin. Quelques mots, quelques phrases, quelques bouts d'histoire aussi, qui ont engendré ces nouvelles chansons."
- Les fans d'Indochine étant assez jeunes, n'avez-vous pas craint que cette longue pause les pousse à aller voir ailleurs?
- Indochine : "La question ne s'est pas posée. Nous pensions qu'il y avait encore plus de risques à sortir rapidement un album qui ne nous ressemblait pas. Il aurait été pénible de le défendre sur scène. Or aujourd'hui, ce sont les concerts qui nous manquent le plus. Quand au public d'Indochine, il est assez difficile à cerner.
Lors de nos dernières prestations, il y avait de très jeunes spectateurs dont l'âge se situait entre treize et quatorze ans. Ceux-là, n'ont pas connu les premiers pas d'Indochine. Plus loin dans la salle, on reconnaissait toujours les fans de la première heure qui ne nous ont plus lâché depuis L'aventurier."
Une dimension humaine
- En France, on a dit un moment qu'Indochine était victime de son succès et que la fin du groupe était proche...
- Indochine : "En France, on dit beaucoup de choses. Le problème, c'est qu'on a considéré d'abord Indochine comme un groupe de rock. Puis, quand nous avons décroché notre premier numéro un, on a voulu nous cataloguer comme artistes de variétés.
Ce n'est pas nous qui avons retourné notre veste! Étant donné la demande du public, nous étions obligés de jouer dans des grandes salles et de participer à des émissions de télévision moins branchées rock. Ce fut peut-être une erreur.
Indochine n'est pas à l'aise face à de telles infrastructures. C'est bien de pouvoir disposer d'un gros light-show, mais tu perds vite ta spontanéité. Quand le régisseur te signale qu'à un tel moment, tu dois te trouver à un endroit bien précis de la scène, ou qu'à un autre, il faut reculer de trois pas pour être sous les feux d'un projo, tu te sens prisonnier.
En vérité, tout cela nous pesait. Pour la tournée qui débute l'année prochaine, on revient à des plus petites salles qui offrent une dimension humaine, presque familiale, comme l'Olympia à Paris ou La Luna à Bruxelles..."
- Entre Indochine et les autres groupes français, on ne peut pas vraiment parler d'une grande histoire d'amour...
- Indochine : "En France, comme en Grande-Bretagne, il n'y a aucune fraternité entre les groupes. Nous avons été très déçus par certaines déclarations de groupes que nous avions pourtant aidés à leurs débuts.
Quand tu te bats pour faire passer Noir Désir en première partie de ton concert au Zénith, et que deux mois plus tard, ils cassent du sucre sur Indochine, cela te blesse énormément. C'est dommage..."
- Sur votre nouvel album, les guitares semblent avoir pris le pas sur les synthés...
- Indochine : "Nous avons essayé d'éviter les clichés Indochine, en gros ceux qui ressortaient du pastiche des Inconnus Isabelle a les yeux bleux. On entend encore des notes de synthé, mais ce sont effectivement les guitares qui priment. Avec notre producteur Philipe Eydel, nous avons aussi introduit des instruments plus traditionnels, comme le piano et le violon."