Indochine : Classé X
Pour
mes péchés, je suis le compagnon d'écurie de ce groupe appelé
Indochine au pays des disques Vogue. Pour ma récompense, j'ai
enregistré avec la star du film "Indochine", Catherine
Deneuve. Indochine serait-il en Vogue???
Naturellement, on pourrait parler de musique. Retracer le parcours du groupe phare. Replonger dans les heures effervescentes de "L'Aventurier". Remettre sur le tapis les rumeurs concernant une hypothétique séparation à la sortie de la compilation-anniversaire.
Insister sur la difficile transition des années 80 aux années 90 (synthés aux placards, retour aux guitares). Discuter des clips vidéo et du réalisateur Caro (récemment primé au dernier festival d'Avoriaz qui ne s'appelle plus comme ça).
Faire le procès de la presse branchée et paresseuse qui préfère toujours encenser une mauvaise face B des Rita Mitsouko plutôt qu'un bon single d'Indochine...
Masturbation
On pourrait encore évoquer l'hystérie des fans au Pérou ou en Scandinavie, demander aux deux jumeaux qui sont leurs vrais amis dans le milieu, exiger un compte-rendu heure par heure de leur journée type ou une chronique détaillée de leur nouvel album.
Croustiller sur des petites anecdotes quand ils allaient chez Coluche! Ou les ramener à la période du lycée. Oui mais voilà, ça a beau être intéressant, il n'empêche que "Savoure le Rouge"... et vous commencez à me connaître... dès qu'il s'agit de savourer le rouge, je me précipite!
Alors on a isolé les deux petits frères qui se ressemblent physiquement mais pas forcément de caractère et, à la manière de leur très hard vidéo, ils nous ont tout dit sur l'amour et le sexe : les groupies, les prostituées, les expériences à plusieurs, les premiers passages à l'acte et les premières peines de coeur, la masturbation, le maquillage, les homosexuels, les femmes...
Et comme ils sont naturels, ouverts et spontanés, on se reverra sans doute une prochaine fois pour parler de musique. Mais ça ne sera peut-être pas dans Rock & Folk, ça sera peut-être dans un journal de charme. On vous fera signe, de toute façon!
Ça vient d'où, cette idée de "Savoure le rouge"?
Nicolas : Ce qui m'intéresse, c'est les fantasmes des gens. L'album m'a dont été inspiré du peintre Ego Schiele, qui est mort à vingt-sept ans et qui est allé en prison parce qu'il peignait des petites filles de douze-treize ans nues.
J'ai lu sa biographie, figure-toi que quand il avait seize ans, en 1930, il a fugué avec sa petite soeur qui en avait douze et ils sont allés dans le même hôtel, dans la chambre même où leurs parents avaient passé leur lune de miel. On ne sait pas s'ils ont couché ensemble mais je trouve que c'est un très beau fantasme.
Entrons tout de suite dans le vif du sujet : première expérience sexuelle?
Nicolas : C'était dans la salle de bain de mes parents, mais pas dans la baignoire, sur la moquette. Il y avait plein de copains chez moi et c'était le seul endroit un peu intime.
Stéphane : Quelques mois plus tard, j'ai aussi couché avec elle! J'étais chez un pote un mercredi après-midi et je me la suis embourbée dans la cave. On a commencé avec la même nana! Elle n'avait pas les yeux dans sa poche.
Vous êtes déjà tombés amoureux de la même fille?
Nicolas : Non, en revanche comme on se ressemblait beaucoup, il est arrivé qu'une fille me saute dessus croyant que j'étais Stéphane...
Stéphane : Une ou deux fois, on a échangé nos identités pour éviter que la gonzesse nous prenne à la tête. La fille sonnait à la maison, je me faisais passer pour Nicolas et je disais que Stéphane n'étais pas là. Et réciproquement.
Nicolas : À l'époque, on se ressemblait beaucoup plus. C'était un jeu assez pervers. Presque digne de Cronenberg dans "Faux-Semblants".
La première peine de coeur?
Nicolas : J'avais seize ans, elle s'appelait Caroline. Je suis resté avec elle six mois, on était tous les deux fans de Bowie et de Patti Smith, on est allé ensemble en Espagne, mais comme ses parents étaient psychanalistes, un peu de gauche, elle analysait toutes mes réactions et ça devenait invivable! Elle m'a jeté et c'est tant mieux.
Stéphane : C'était une gonzesse, en colonie, j'avais treize ans et demi, j'étais hyper amoureux mais comme elle découvrait le plaisir du baiser avec la langue, deux jours après, elle se tapait un autre mec. Ce fut aussi ma première envie de suicide.
L'Embarras Du Choix
Votre idéal féminin?
Nicolas : Les filles à la sortie de l'école (rires)! Non, je déconne. J'aime bien les petites qui jouent de la guitare, un peu androgynes avec les cheveux courts. Comme ma copine est comédienne, blonde et qu'elle a les cheveux longs, tu comprends vite que ça ne veut pas dire grand-chose...
Stéphane : Je suis plutôt attiré par les grandes brunes et la fille dont je suis tombé éperdument amoureux il y a deux ans et avec qui je vis actuellement est grande et brune. Comme quoi ça veut tout dire!
Ce que vous n'aimez pas du tout chez une femme?
Nicolas : Les filles qui ont un chien! Parce que les filles qui ont un chien, elles doivent toujours aller le faire pisser et ça, ça me casse vraiment mon rêve. Pour moi, une femme ça doit rester un mythe. Cela dit, je n'ai rien contre les chiens.
Stéphane : C'est vrai que c'est important de préserver un certain mystère. Se balader à poil devant sa compagne ou son compagnon dans l'appartement, ça peut faire mal à la longue. Moi, ce que je n'aime pas c'est les nanas qui ont des poils sous les bras!
Les expériences homosexuelles?
Nicolas : Jamais. Ce ne sont pourtant pas les occasions qui ont manqué! Entre seize et vingt ans, il y a eu pas mal de mecs qui nous ont couru après. Une fois, un copain m'a écrit une lettre d'amour en me disant qu'il ne pensait qu'à moi et pour ne pas le froisser, je lui ai écrit à mon tour en lui expliquant que l'amour platonique, c'était bien ainsi!
Stéphane : Personnellement, je ne me gênais pas pour les rembarrer mais si on avait voulu se faire un mec, on aurait eu l'embarras du choix!
D'autant plus que le maquillage, ça devait sérieusement les stimuler!
Nicolas : En fait, on a décidé de se maquiller après avoir vu les Comateens. C'était surtout un moyen de choquer les gens, mais c'est vrai que mettre du rouge à lèvres, ça fait tout de suite efféminé. Mais il n'y avait pas que les mecs, les filles aussi adoraient ça!
Elles vous demandaient de garder votre maquillage pour faire l'amour?
Stéphane : Ah non, quand même pas, on n'est pas des travelos! C'étais juste pour la scène!
Les trucs à plusieurs?
Nicolas : Ça m'est arrivé avec un autre mec et une nana. Ils prenaient tous les deux leur pied, mais pas moi. Avec deux filles, ça aurait été quand même mieux!
Stéphane : J'ai eu plus de chance, c'était avec deux gonzesses en même temps et j'étais tout seul...
Nicolas : Salaud!
Gros Nez
Les prostituées?
Nicolas : Je ne pourrais pas ou alors il faudrait que je mette vingt préservatifs! Penser aux quinze mecs avant et aux quinze après, ça me refroidit complètement.
Stéphane : Tu déconnes, tu te poses trop de questions. Quand tu vas voir une prostituée, ce n'est pas pour vivre une histoire d'amour! J'ai donné une ou deux fois mais je n'ai pas pris mon pied. Je préfère me faire un bon film de cul avec Zara Whites!
Nicolas : J'ai tout de même été tenté une fois, quand j'étais au Japon. Il y avait une brochure posée sur mon lit, je pensais que c'était de la lingerie et en fait, c'était des prostituées. Je me suis renseigné et on m'a dit que les filles qui montaient n'étaient pas du tout les mêmes que dans la brochure, ça m'a découragé...
Les groupies?
Nicolas : On n'a jamais voulu donner là-dedans, mais quand tu vois deux mille gonzesses genre Cyndi Crawford de quatorze ans, comme c'était le cas en Scandinavie, il faut avoir des nerfs d'acier pour résister!
Je me souviens qu'après un concert en Suède, trois petites nanas sont venues nous voir et ton rédacteur en chef avait les yeux qui lui sortaient des orbites! Surtout quand je les ai ramenées chez elles, il était fou.
Mais rassure-le, il ne s'est rien passé. Dix jours après, elles sont revenues à un autre concert et j'ai couché avec les trois dans le même lit, mais je ne les ai pas touchées. Et c'était très bien quand même, c'était très charmant.
Stéphane : C'est vrai qu'on n'a jamais voulu donner là-dedans, c'était convenu entre nous, mais bon, je reste un être humain et je reconnais que je m'en suis tapé une dizaine dans des conditions, mais pas plus, je le jure! Comme disait Gainsbourg : "Quinze ans = quinze ans ferme!"
Vous aimeriez avoir des enfants?
Nicolas : Tout le monde me voyait père de famille et je suis le seul du groupe à ne pas avoir d'enfant. Pour l'instant, je ne me sens pas encore tout à fait prêt mais je me vois bien à cinquante ans avec plein de gamins...
Stéphane : Personne ne me voyait papa et finalement, j'ai une petite fille. Mais je souffre de ne pas l'avoir eue avec la femme que j'aime vraiment.
Est-ce que vous avez un complexe physique?
Nicolas : Pendant longtemps ça a été mon nez que je trouvais trop gros. Maintenant, je le trouve toujours aussi gros mais ça ne me gêne plus vraiment.
Stéphane : Au départ, je croyais que j'en avais une toute petite mais je me suis aperçu que ce n'était pas ça qui faisait la différence!
Vous pratiquez la masturbation?
Nicolas : Bien sûr, il n'y a aucune honte, mais pas au point de donner quatre fois par jour!
Stéphane : Non, c'est trop fatiguant. Et puis tu arrives vite à avoir le bras de Guillermo Vilas! Ceci dit, j'ai donné comme tout le monde, surtout pendant mon adolescence...
La dernière, c'était quand?
Nicolas : Je ne sais pas quand était la dernière, mais c'est vrai qu'au bout de plusieurs jours, j'ai des pulsions. Et maintenant que c'est autorisé par le Pape, pas de raisons de se priver...
Stéphane : Franchement, je me souviens plus. Tu sais, ça m'est arrivé de pas baiser pendant six ou huit mois sans avoir recours à la masturbation, je ne suis pas un taré du cul non plus. Avec mon ex-femme, dans la dernière année, j'ai dû avoir un ou deux rapports sexuels, c'est tout!
Mais j'en connais qui ne peuvent pas se passer de baiser. Il y a même un mec, quand il n'a pas de nana, il prend deux escalopes et il se fait plaisir! Quant aux gonzesses, on en parle moins, mais elles se masturbent aussi et c'est pire que nous : c'est plusieurs fois par jour et pas seulement avec les doigts!
Un message d'amour pour terminer sur une note sentimentale?
Nicolas : "Un jour dans notre vie, on vous illuminera, le rêve continuera, je voudrais rire, je voudrais mourir, je voudrais survivre et nous irons danser sur les toits du monde".
Stéphane : "Je suis venu te dire que je reviens..."