Indochine : des idées neuves pour le rock français!
La
banlieue parisienne voici cinq ans. Ils sont nés dans une
chambre, avec un guitariste, un chanteur et une boîte à rythmes...
Cela pourrait être le début d'un rêve et pourtant c'est une
histoire vraie.
Tellement vraie que 50.000 personnes viennent d'être les témoins directs de sa consécration, hurlant leur enthousiasme au bord d'une scène où quatre nouveaux garçons dans le vent réinventent le rythme rock à leur façon : la tournée d'Indochine, c'était l'événement de ce début d'année!
Mais qu'est-ce qui a différencié ces quatre "moins de 26 ans" de tous ces garçons "new look" qui disparaissent après un tube bien branché?
Nicola, porte-parole du groupe, le visage d'ange et les idées longues, est le frère jumeau de Stéphane, qui maîtrise les machines infernales et les synthétiseurs. Dominik Nicolas est le silencieux et réfléchi joueur de guitare et Dimitri, le benjamin (20 ans) boute-en-train. Mais c'est leur caractère bien trempé qui va séduire :
"Indochine évoque l'exotisme dans l'esprit du public", disent-ils. "Comme le disait Gainsbourg à propos de la version reggae de la "Marseillaise", ça ne pourrait faire grincer que des dentiers. Ce nom n'évoque que de très vieux souvenirs. En fait, nous ne voulons pas nous attarder sur des problèmes de notre époque. Beaucoup de groupes en France parlent de politique : ça ne nous intéresse pas!"
Et pas davantage le public. "L'aventurier" et "Péril jaune" ont gagné le coeur des jeunes avec leur tempo rock and roll, des synthétiseurs aux couleurs asiatiques, des guitares hawaïennes et un saxophone chaudement sorti des années 50.
Indochine s'est fait adopter par la télé en écrivant le générique de "Platine 45" et un jingle pour Canal Plus. Et quand ils ont sorti leur troisième tube ("Troisième sexe"), leur auditoire s'est encore agrandi : "du punk au BCBG" disent-ils avec le sourire!
Pourtant, le rock jeune vit encore au rythme de vrais sentiments. En apprenant que Téléphone, le groupe rival, raccrochait, tout le monde a cru qu'Indochine en aurait le sourire pour longtemps. Pas du tout. "On est attristés par tout ce qui se passe", explique Dominik. "Il y avait de la place dans le coeur des gens pour deux grands groupes français!".
Aujourd'hui, les numéro un du box-office ne font toujours pas de politique. Mais la cohabitation au royaume du nouveau rock, ils ne l'auraient pas refusée.