Concours Indochine


Benoît Boulanger et Dimitri

Nicola

Un voyage au Pérou avec Indochine : Benoît Boulanger (Ravenel)

Lima, ce n'est pas vraiment le Pérou. Dès l'arrivée, sur l'autoroute venant de l'aéroport, on longe de grands bidonvilles noyés sous une poussière... saharienne. Il n'a pas plu à Lima depuis dix ans. En fait, Lima est le coin le plus pourri de tout le Pérou.

Le climat y est affreux. Les favellas ressemblent à un enfer grouillant, les cars et les voitures semblent sur le point d'exploser. De plus, ici, c'est le règne de l'armée, et, partout, dans les rues et jusque dans les concerts, la répression est plutôt sévère!

Les gens, eux, sont chaleureux, marrants. Les fans (nombreux) d'Indochine sont carrément hystériques (le fan club péruvien compte quinze mille membres, contre seulement dix mille en France). Ils n'hésiteront pas à assiéger l'hôtel et défonceront aux concerts, bravant les matraques des policiers. Tout ça a fait de ce voyage au Pérou quelque chose de pas vraiment reposant, mais tellement unique!

Donc, Indochine est allé au Pérou. Et pourquoi là-bas? Parce que son succès y est phénoménal. Ils ont battu tous les records de vente du "Live au Zénith", plus de cent cinquante mille exemplaires. Virrey, qui distribue la bande des quatre au pays des Incas, est devenue, grâce à eux, la première maison de disques du pays.

Les kids péruviens ne connaissent pas le coup des briquets, les longs rappels, tous ces trucs d'Européens, mais ils contrebalancent leur "inexpérience" par une pêche d'enfer. Ils auront été plus de cinquante mille à venir écouter Indochine.

JOURNAL DE BORD

Dimanche, 23 heures : Aéroport Roissy-Charles de Gaulle, Vol 202, destination Lima.

C'est la première fois que je prends l'avion! Escale d'une heure à Caracas. Deuxième escale à Bogota, au petit matin : ambiance froide et rigide. C'est l'état de siège.

Lundi : Arrivée à Lima. Il est dix heures, heure locale. On file à l'Hôtel Diplomat. Départ pour Iquitos où nous attendent Nicola, Dimitri et Dominik. Stéphane est à Cuzco. On se retrouvera jeudi à Lima.

Mardi : Iquitos. Rencontre avec le groupe. Ça fait une drôle d'impression, quand même. On repart, cette fois-ci sur l'Amazone, en bateau. On arrive en pleine forêt. Installation du camp, et grande marche dans la forêt équatoriale. L'après-midi, rencontre avec des Indiens amazoniens coupeurs de tête... Soirée intime aux bougies.

Mercredi : Retour à Iquitos. Départ pour Santo Tomas, baignade dans l'Amazone et ski nautique. À l'hôtel, assaut de fans, qui me prennent pour Stéphane!

Jeudi : Il pleut. On attend l'avion toute la journée. Arrivée à Lima à dix-huit heures. Réunion du fan club avec le groupe.

Vendredi : Onze heures, balance. Son parfait... Seize heures, visite de Virrey. Dix-huit heures, départ pour la salle. Première partie de Jàs, pas mal. Concert d'Indos. Vingt-trois heures, dîner.

Samedi : Découverte de Lima, sans les Indos, réduits à l'isolement dans l'hôtel. Dernier concert. La salle est archi-comble. Dix mille personnes en furie. Des militaires m'empêchent d'allumer mon briquet pendant "Tes Yeux Noirs".

Dimanche : Séance de photos à Pachacamas, site inca. Déjeuner à Lima dans un restaurant au bord du Pacifique. Somptueux.

Lundi : Départ pour Paris. Les fans ont les yeux pleins de larmes. J'interviewe les Indos dans l'avion.

R & F - Alors, cette arrivée à Lima?

Nicola - C'était le bordel. Il y avait quatre mille personnes à l'aéroport et deux mille fans dehors. C'était une hystérie pas canalisée. Il y a eu des débordements. C'était un peu n'importe quoi.

R & F - Qu'avez-vous fait, les premiers jours?

Dominik - On s'est réfugiés à l'hôtel. On a vite vu que, les sorties, à cause des fans devant l'hôtel, c'était pas la peine.

R & F - Comment avez-vous vécu d'être enfermés à l'hôtel?

Nicola - Très mal. C'est un peu la rançon de la gloire... On devenait claustrophobes.

R & F - Comment sont les fans péruviens?

Nicola - Impeccables. Les Péruviens sont hyper-chaleureux.

R & F - Ça vous donne envie de redevenir inconnus?

Dimitri - Oui, parfois, mais ça serait con, après tout le travail qu'on a fait.

R & F - Et les concerts?

Nicola - On est sortis des deux premiers complètement usés. Physiquement, c'était dur.

R & F - Qu'allez-vous faire, maintenant?

Stéphane - On va profiter de l'été pour composer les morceaux du nouvel album.

R & F - Un tel succès, ça pose des problèmes?

Dimitri - Moi, j'ai vieilli prématurément. À vingt-quatre ans, je pense comme un mec de trente. J'ai pas eu le temps de finir mon adolescence...

R & F - Le bilan du Pérou?

Dominik - Formidable. En quinze jours, on a vécu six mois. Nicola - Super, mais un peu fatiguant. Stéphane - C'est notre plus "gros" souvenir.

Mardi : Roissy-charles de Gaulle. Arrivée du Vol 202. Adieux, et à bientôt, en Australie!