Notes de passage

Lundi soir, en sortant du bureau, j'aurais dû aller voir le mélancolique Ron Sexsmith s'exécuter dans l'intimité du Cabaret, mais j'ai d'abord opté pour un petit détour par le Spectrum, histoire de prendre au vol quelques pièces de la "nouvelle mouture" d'Indochine, qui donnait son deuxième spectacle montréalais.

On s'attendait à rigoler un brin puis à fuir ces idoles déchues, mais on a fini par rester scotchés là toute la soirée, stimulés à la fois par la dévotion d'un public vendu d'avance et par la présence magnétique du chanteur Nicola Sirkis. L'homme n'a toujours pas une voix exceptionnelle (bonjour l'euphémisme!) mais qui s'en soucie lorsque le public est prêt à chanter chaque mot de Tes yeux noirs ou Trois nuits par semaine?

Résolument plus rock, la bande à Sirkis s'est donnée à fond, surprenant avec un medley quasi métal de vieux succès (Des fleurs pour Salinger, Canary Bay, Les Tzars), sorte de fleur aux fans de la première heure mais aussi une déclaration d'intention de la part d'un groupe qui mord maintenant dans les guitares à belles dents.

En prime, on a eu droit à une apparition-surprise de la homegirl Melissa Auf der Maur, venue lui prêter main-forte sur la chanson Le Grand Secret, malheureusement l'une des compos plus bancales de l'album Paradize. Au bout du compte, toutefois, on doit parler de la belle surprise de la semaine.