Le meilleur d'Indochine

Rare groupe français à connaître le succès outre frontière en pays francophone, le trio Indochine nous arrive avec un nouveau microsillon qui s'inscrit sous le signe d'une belle maturité.

Meilleur tant dans les textes que la musique, le jeune groupe français devrait élargir son public avec Le Baiser.

Dès la première toune, on reconnaît bien le style Indochine. Cette chanson, Le Baiser, accompagnée d'un vidéoclip, intéresse par la nature du sujet, sensuel, l'accompagnement musical étant des plus rudimentaires.

Des fleurs pour Salinger, plus rock, est aussi une chanson plus "engagée" dénotant la maturité acquise par le chanteur Nicolas Sirkis. La musique emballante compense pour le sérieux du sujet.

Il est question de drogue et de Dieu dans More, avec l'exotisme d'un musicien iranien. Chanson de désespoir amoureux, une obsession. "... et je voudrais t'oublier.... Je prierai pour qu'elle me pardonne."

On retrouve encore la recherche d'originalité musicale de ce trio français qui fait dans le style classique grand violon dans Arrêtez managua, suivie d'une chanson pour intello, Les années Bazar.

Début lancinant pour lancer le rock de Punishment sur la deuxième face, chant de détresse, de destruction.

Indochine se fait plus observateur de la réalité sociale sur un ton ironique dans Soudain l'été dernier je suppose, plus prosaïquement rock aux guitares scintillantes. Amour plus doucement romantique, mais toujours désespérant dans Les plus mauvaises nuits.

C'est suivi d'une agréable et courte pièce instrumentale, et de Tant de poussière où il est question d'orphelins qui crèvent de faim, sous "les ailes de l'héroïne" et sur un rythme saccadé.

Le tout prend fin sur La colline des roses, vision étrange de Budapest, avec encore une couleur musicale bien spéciale.

LE BAISER / Indochine, Ariola (BMG).