Nicola Sirkis : Dans la lune

Nicola Sirkis, chanteur du célèbre groupe Indochine, a profité d'un court séjour au Québec pour  présenter en primeur mondiale, son album solo "Dans la lune".

Sans pour autant délaisser son groupe qui célébrait cette année leur dixième anniversaire, Nicola Sirkis s'est lancé dans une aventure "personnelle", le temps d'un album, pour vivre une expérience unique, un rêve qu'il caressait depuis belle lurette.

"Dans la lune" est un recueil de morceaux connus et popularisés par des artistes de réputation internationale, au cours des années 70. Onze chansons qui ont eu une influence musicale majeure chez Nicola Sirkis.

Pour lui, il s'agit d'une démarche très particulière tant sur le plan des adaptations parfois fort originales des chansons qu'au plan de son interprétation toute personnelle. En somme, cet album, c'était dès le départ une affaire de coeur.

Et c'est tout naturellement que la porte du studio est demeurée ouverte aux Valentins, au courant du projet depuis longtemps qui se sont lancés dans l'aventure avec lui; à Philippe Eidel, le complice de toujours; et à beaucoup d'autres.

Le 31 décembre 91, une vingtaine d'amis, qui ne faisaient rien cette nuit-là, se retrouvèrent tous pour former une chorale improvisée sur deux des titres.

Pour cet enregistrement "entre amis", Nicola Sirkis a également fait appel au batteur de Lloyd cole et au bassiste de Madness qui ont eu la gentillesse de se libérer pour les quelques jours de prise "live". Il tenait d'ailleurs absolument à l'esprit "live" de son album et en a fait son leitmotiv.

Interview Express

Pourquoi un album de reprises?

"La musique que j'écoute depuis des années me touche personnellement et j'avais envie de la faire partager."

Le choix des titres?

Le choix était cornélien. Il manque Dylan, Bowie, Neil Young, les Beatles... Par contre, volontairement, j'ai décidé d'interpréter des titres peu connus en France. bien évidemment, mes versions sont très personnelles. Nous y avons mis tout notre coeur et je ne crois pas les avoir "salies".

Deux mots pour chaque titre :

Waterfront/David Sylvain : Fan de Japan et de Sakamoto, il est un des musiciens les plus créatifs de ces dernières années.

Mad World/Tears for Fears : Un de mes titres de chevet.

Two Faces/Bruce Springsteen : Un de ses titres les moins connus mais qui m'avait le plus touché.

Anne cherchait l'amour/Eli et Jacno : Les premiers Français "nouvelle vague". Mixité réussie. J'aime les filles qui font du rock, d'où mon attirance vers Edith, la guitariste qui a fait toutes les guitares de l'album.

Jusqu'au trou du monde/Patti Smith "Jackson Song" : Fan inconditionnel, j'ai vu tous ses concerts, lu tout ce qu'elle a écrit et pensé tout ce qu'elle a pensé. J'ai volontairement choisi un de ses derniers titres écrits sur lequel j'ai extrapolé une version française.

Never Turn Your Back On Mother Earth/Sparks : Grand amateur des groupes "glam", ça a été mon premier concert rock à l'Olympia en 1974, j'avais 13 ans.

What is Life/George Harrison : Exemple typique. Ce titre méconnu en France a été le titre fort de Radio Caroline au début des années 70.

Alice dans la lune/Young Marble Giant : Mon groupe culte : cela a débuté en 1979 où les rares personnes qui possédaient l'album s'empressaient de le faire écouter à d'autres.

Play With Fire/Les Stones : Une des meilleures face B des Stones.

Entrez dans le rêve/Gérard Manset : On m'a dit qu'un jour que Gérard Manset avait écrit cette chanson en pensant à Indochine.

Le Seigneur des toits/Tom Tom Club : Disque de chevet au début des années 80, je me suis amusé à coller une autre histoire dessus. On l'a enregistrée la nuit du 31 décembre avec les "choeurs" et j'ai fait chanter ma fiancée.

Pourquoi l'album s'appelle-t-il "Dans la lune"?

"C'est ce qu'on me reproche le plus souvent"...