Le chanteur d'Indochine présente ses chansons préférées
Montréal - Les vedettes ont aussi
leurs idoles...
Même Nicola Sirkis, le populaire chanteur du groupe français Indochine. Lui, il est fan de Patti Smith et dit avoir vu tous ses concerts. "La première fois, on ne comptait que 40 personnes dans la salle, affirmera-t-il sur le ton de la confidence, heureux d'avoir pu participer à un moment aussi privilégié. J'ai appris beaucoup plus tard que parmi les spectateurs, il y avait aussi Stephan Eicher et Jean-Louis Aubert, du groupe Téléphone..."
Dans la lune
"Patti Smith, c'est la seule personne, je crois, dont je pourrais dire que j'ai été fan, précise le chanteur, lors de son passage à Montréal pour la sortie de Dans la lune, une compilation de ses 11 chansons préférées des années 70 et 80.
Air angélique et bien rangé, frimousse d'éternel ado, une simplicité et un charisme comparables à son attitude sur scène, pas étonnant que Nicola Sirkis en fasse craquer plusieurs. À commencer par ces jeunes de tous âges, trempés comme des canards, qui ont acclamé le groupe, en juillet dernier, à l'Agora...
Sirkis sourit : "À chaque jour, j'ai entre 15 et 20 messages qui m'attendent à la réception de l'hôtel. Je n'arrive pas à comprendre cette attitude envers nous. Vu de l'intérieur, c'est difficile à expliquer. Je n'y arriverais probablement pas de l'extérieur non plus."
Petit cachottier
Lors de cette dernière visite au Québec, pour la tournée soulignant les 10 ans du groupe, le leader d'Indochine s'était bien gardé de souffler mot sur ses projets solo! "J'aime mieux dire que c'est un album "perso" plutôt que "solo". J'ai fait ça pour me faire plaisir, un peu aussi pour faire découvrir aux gens des chansons qui ne sont pas toujours très connues. Ce sont des adaptations personnelles, presque des nouvelles chansons."
Le chanteur a traficoté, réarrangé et parfois même traduit des airs qui ont usé sa table tournante. Des chansons qu'il écoutait sur les radios-pirate pendant son enfance en Belgique. D'autres aussi qui ont marqué certaines séances de travail d'Indochine : Patti Smith, bien sûr, David Sylvian, Gérard Manset, Bruce Springsteen, Tears For Fears.
Enregistré dans le temps des Fêtes, l'an dernier ("pendant que Dominique et Stéphane (les deux autres Indochine) s'occupaient de leurs familles"). Dans la lune s'avère une aventure musicale plus intérieure, qui a peu en commun avec la pop saccadée et la voix revendicatrice d'Indochine.
Un truc qu'il ne pouvait se permettre avec le groupe? Sirkis s'en défend bien, d'autant plus qu'il se remet à la préparation d'un autre Indochine, disque qui ne saurait tarder à paraître.
"On a toujours fait de la musique qu'on avait envie de jouer, dit-il. Même les gens de la maison de disques nous respectent là-dessus : et puis, avec nous, ils s'attendent toujours au pire!"