Indochine, Le plaisir du baiser

Il y a quelques mois, peu après le spectacle au Centre Paul-Sauvé, la rumeur voulait que le groupe Indochine, fatigué de parcourir le monde, se sépare. En fait, les quatre membres du groupe avaient pris un temps de repos bien mérité pour faire le point.

L'un d'entre eux, Dimitri, devait pourtant profiter de ce temps d'arrêt pour abandonner la formation. Comme il ne composait pas, son départ n'a pas été dramatique pour Indochine. Travaillant désormais en trio, le groupe français a réalisé un nouvel album qu'il est venu présenter il y a quelques jours au public québécois.

"Le baiser" est le 5e disque d'Indochine et le 6e si on compte un disque-live sorti il y a quelques années. On y sent le sérieux de la formation qui, bien installée dans la trentaine, a décidé d'effectuer un nouveau virage. Jusqu'alors réservée à un public d'adolescents, la musique d'Indochine séduit maintenant les adultes qui y reconnaît l'expression de toute une génération.

De passage à Montréal pour la promotion de l'album, les trois membres d'Indochine ont insisté sur le caractère beaucoup plus humain de leur musique. Si jusqu'ici, ils avaient prévilégié les synthétiseurs, la musique programmée, ils ont cette fois prévilégié l'apport humain. Ils ont engagé un musicien iranien qui travaille régulièrement avec Peter Gabriel, deux musiciens classiques et le batteur des Silencers.

"On a toujours aimé faire converger différents styles, expliquent-ils. Mais cette fois, nous jugions important d'insister sur la dimension humaine. Finalement, nous mettions auparavant plus de temps à programmer nos musiques.

"Depuis 7 ans, Indochine a parcouru le monde de l'Amérique du Sud jusqu'à la Scandinavie en passant par l'Europe. Essouflés, ils ont eu envie de s'arrêter, de réfléchir sur cette vie de tournée qui les étoudissait.

Pendant six mois, ils ont évité de se voir, ils ont préservé volontairement leur vie privée. Et regonflés à bloc, ils sont revenus en studio pour ce nouvel album.

Mais ils savaient tout de même qu'ils couraient le risque de ne plus avoir envie de revenir à la scène. L'issue a été heureuse et Indochine est reparti sur les chapeaux de roue.

Mais nous savons tout de même que nous ne ferons pas de la musique jusqu'à 35 ans. On se donne encore deux ans pour exploiter tout ce qu'il y a à exploiter dans ce filon. Il est hors de question que nous nous retrouvions sur scène encore dans dix ans.

Quand nous aurons douze ou treize ans de carrière, nous aurons fait le tour."L'album qui vient de sortir est le premier que les membres d'Indochine réécoute avec plaisir. Fiers d'eux-mêmes, ils y trouvent l'aboutissement des sept dernières années de carrière. "D'ailleurs, il y a un nouveau public qui rejoint celui de la première heure. On ne nous accuse plus de chanter que pour les gamines."

Au début de l'été, ils partiront en tournée à travers le monde. On les attend au Pérou, au Japon, en Europe de l'ouest et de l'est. Au Québec, ils n'ont pas l'intention de répéter la triste expérience du Centre Paul-Sauvé. Ils avaient été très déçus de l'acoustique. C'est au Spectrum qu'ils ont envie de s'installer lors de leur prochain passage.