Indochine : "Il fallait imposer nos idées pour ne pas perdre notre identité"

Le populaire groupe ne renie pas le passé mais...


Indochine : Pas question de renier le passé, mais beaucoup plus à l'aise dans le présent.

Les trois comparses d'Indochine, une union d'une douzaine d'années. Ils sont venus faire la promotion de leur nouvel album Un jour dans notre vie.

Indochine, c'est un peu les B.B. des Français. Ils produisent des "hits" à un rythme absolument renversant et composent des refrains de chansons qui vous restent perpétuellement coincés en mémoire, prêts à surgir aux moments les plus inattendus. Et ce, que vous aimiez ou pas. C'est ce qu'on pourrait appeler la magie de la mélodie. Vous entendez une fois ou deux, et vous êtes prisonniers.

Les frères Sirkis, Nicola et Stéphane et leur comparse de toujours, Dominique Nicolas, se sont payé du bon temps, ont pris un certain recul avant de proposer un premier album depuis Le Baiser en 1990. Un peu de temps de réflexion, mais aussi de réflexion, histoire d'orienter leur démarche futur.

"On ne renie pas le passé même s'il est certain que nous ferions aujourd'hui certaines choses différemment, d'affirmer conjointement Nicola, Stéphane et Dominique. On est beaucoup plus apte aujourd'hui à contrôler notre environnement. Par exemple, on ne répond plus à l'industrie du disque qui nous pousse à sortir des disques, faire de la promo et des spectacles. Créer des événements ne nous intéresse pas. On veut que l'intérêt découle directement du produit".

RÉCRÉER L'AMBIANCE SUR LA SCÈNE

Indochine était en ville, quelques semaines plus tard que prévu pour la promotion de l'album Un jour dans notre vie. Si Dominique est rétabli de la pneumonie qui avait forcé le trio à repousser les dates de la visite québécoise et que Stéphane combat une sciatique aigüe, Nicola touche du bois... et parle du contrôle artistique que le groupe s'efforce de garder sur son travail.

"On a rapidement réalisé qu'il fallait absolument imposer nos idées pour ne pas risquer de perdre notre identité. Ce que nous faisons n'est pas un métier, mais une passion et nous sommes fiers d'avoir réussi à créer et préserver un son indépendant".

Qui dit Indochine, dit nécessairement mélodie. Il existe un lien inextricable entre les deux. D'ailleurs la mélodie marque la naissance de la plupart des chansons, avec les textes de Nicola qui s'y ajoutent par la suite. Premier extrait, Savoure le rouge. Un clip très original et, encore une fois, une mélodie obsédante.

Pour Un jour dans notre vie, Indochine avait clairement fait voeux de ne pas passer une éternité en studio.

"Plus le temps passait, plus on passait du temps en studio, de rappeler Nicola en soulignant que le premier album qui date de 1981 avait été enregistré en 6 jours. On ne voulait pas trop de temps pour réfléchir et plutôt donner un meilleur jet, recréer un peu l'ambiance de la scène".

La scène, Indochine s'y attaque en France, pour les cinq ou six prochains mois. Ils sont forts à ce point chez eux. Le trio revient au Québec à la mi-août pour des shows et peut-être un enregistrement "live".

Indochine fait sa marque depuis plus de douze ans. "Mais on ne se voit pas là dans 20 ans..." dit Nicola. Mick Jagger et plein d'autres l'ont affirmé avant lui...