Baisers d'Indochine

Indochine, ce groupe-fétiche des jeunes Québécoises, nous revient enfin avec dans leurs bagages un nouveau disque, où l’amour et la recherche d’un idéal occupent toute la place. Leur charme discret opère toujours!

En 1988, ils étaient quatre à faire vibrer, tant bien que mal, les murs du Centre Paul-Sauvé de Montréal. En effet, ce n’est pas la meilleure salle de spectacles en ville!

En mars dernier, ils nous revenaient pour faire la promotion de leur nouvel album Le Baiser. Que s’est-il passé au cours de ces deux années? D’abord, l’un des membres du groupe, Dimitri a tiré sa révérence, préférant vivre pleinement sa récente paternité plutôt que de poursuivre la vie effrénée de star. En ce qui concerne Nicola, Dominique et Stéphane (le frère jumeau de Nicola), ils ont pris du recul avant d’entreprendre l’écriture des paroles et musiques de leur nouveau disque.

C’est donc un Indochine composé de trois "mecs sympas" que j’ai eu la chance d’interwiever lors de leur récent passage à Montréal. Je présume qu’une question te brûle les lèvres. Et puis, comment sont-ils? Et bien voilà. Nicola est le plus loquace des trois, en entrevue du moins.

D’ailleurs, il maîtrise bien les mots, puisque c’est lui qui signe toutes les paroles des chansons du disque. Dominique, pour sa part, a composé toutes les musiques. Pour le reste, je ne t’apprendrai rien en te disant qu’ils ne sont pas moches du tout, même le décalage horaire n’a pas eu de prise là-dessus.

Précisons avant tout que Le Baiser est le cinquième album d’Indochine. Les fans du groupe se rappelleront qu’il y a d’abord eu L’Aventurier, Le Péril Jaune, 3 et 7 000 Danses. Leur nouveau-né réserve peu de surprises : on reconnaît bien le son et le style Indochine, et ils y tiennent! Par contre, leur pause réparatrice de deux ans, comme il la qualifie eux-mêmes, a permis une certaine évolution.

En ce qui concerne les paroles des chansons, Nicola, l’auteur du groupe, dit ne plus écrire comme avant. "C’est la première fois que j’écris des chansons sans tenir compte d’Indochine, je parle de choses vraiment personnelles." Les textes occupent aussi une plus grande place.

Sur les disques précédents, ils étaient davantage un support à la musique. Les messages qu’ils veulent transmettre dans leurs chansons : "Nous voulons présenter une surréalité, ce qui dépasse la réalité courante, parce que les choses réelles, les gens peuvent les voir à la télé. Nos textes parlent de la recherche d’un idéal parce que selon nous, il faut avoir un but pour avancer, on ne peut pas se contenter de survivre!"

Je leur ai demandé s’il croyait que de s’éclipser ainsi pendant deux ans ne comportait pas certains risques, comme celui de perdre leurs fans qui se seraient entichés d’autres groupes. À ce sujet, ils ont eu certaines craintes. C’est pourquoi ils furent eux-mêmes surpris d’apprendre que dix jours après la sortie du disque en France, Le Baiser était disque d’or.

Il y a deux ans, lorsqu’ils ont annoncé qu’ils se retiraient, les médias français ont répandu la rumeur qu’ils étaient finis, qu’ils n’avaient plus rien à dire. En réalité, ils refusaient les pressions de l’industrie qui les poussait à produire un disque par année et qui voulait faire d’eux le groupe nº 1 en France.

Selon eux, aucun groupe ne peut se prétendre nº 1, puisque de bons groupes, il y en a des miliers partout dans le monde et le public a le privilège d’en aimer plusieurs : "Quand on regarde la télévision, on ne regarde pas une chaîne, mais 50 chaînes à la fois. Pour la musique, c’est la même chose. On passe de groupe à groupe. Et ce n’est pas une question d’infidélité".

D’ici l’automne prochain, Indochine compte bien tourner des films pour chacune des chansons de leur nouveau disque. "Les gens voient les chansons par les images aujourd’hui. C’est un moyen d’expression énorme, surtout si c’est le groupe qui le contrôle." Ils ne cachent pas non plus leur désir de monter un nouveau spectacle, pour l’automne peut-être?!? Au programme de leur tournée, nul doute que Montréal et Québec auront une place de choix.

Cette fois, c’est au Spectrum qu’ils aimeraient donner leurs spectacles, à la condition de RBO, l’autorisation d’y présenter des spectacles sans service d’alcool pour accueillir tous leurs fans!

Les Français et les Québécois ne sont pas les seuls à attendre impatiemment de les voir sur scène, puisqu’ils font aussi fureur en Belgique, en Suisse et même en Scandinavie et au Pérou! Ils sont donc la preuve qu’il n’est pas nécessaire de chanter en anglais pour connaître la popularité dans des pays non-francophones!