Indochine au Québec avec son Birthday Spectacle
Le retour des années 70 et de l'acoustique en musique, c'est super, c'est grand, c'est génial. Mais qu'est-ce que j'ai hâte qu'on redécouvre également les années 80 et les claviers. Qu'est-ce que j'ai hâte qu'on réalise qu'il en va des synthétiseurs comme de toute chose : bien utilisés, ce sont eux aussi des instruments dignes de ce nom.
Déjà, au cours des derniers mois, on a pu s'en rendre compte en savourant des compilations de groupes phares de la musique new wave comme Kraftwerk, Marc Almond & Soft Cell, Tears For Fears, Eurythmics. Auxquels s'ajoute Indochine, ce trio français auteur de nombreux méga-hits dont le récent Birthday Album, déjà vendu à plus de 200 000 exemplaires en France, regroupe 18 succès et un inédit composés entre 1981 et 1991.
Des succès présentés en ordre chronologique comme Le Péril jaune, Tes yeux noirs, Troisième sexe (rappelez-vous, c'était l'époque où les psychologues ergotaient sur l'influence d'artistes androgynes comme Michael Jackson et Boy George sur l'identification sexuelle des jeunes de ce monde...), Les Tzars, Le Baiser, etc.
Et des thèmes, des textes qui ont toujours fait hausser les sourcils à l'intelligentsis rock, magma de sonorités exotiques ou guerrières souvent à l'image de la surinformation - l'autre nom de la désinformation - que nous subissons quotidiennement, mises à bout sur des musiques rock, new wave et dance.
Mon cher Indo, c'est à ton tour
Fait assez inusité, la compilation comprend pas moins de trois pièces instrumentales : "Nous avons toujours essayé de mettre un instrumental sur chacun de nos albums, explique Nicola Sirkis, auteur et chanteur du groupe joint à Paris, tout simplement parce que nous aimons beaucoup les intro (premières mesures des pièces).
Il nous arrive de composer des intro sans chanson qui suive. On les garde donc comme pièces instrumentales. Pendant le Birthday Spectacle, on en fait d'ailleurs une, La Bûddha affaire. Et ce qui est génial, c'est que le public la reprend en choeur, la fredonne."
Car après le Birthday Album, il y a le Birthday Spectacle, une tournée d'une vingtaine de concerts en France et au Québec (Montréal le 7 juillet, Roberval le 10, Chicoutimi le 11 et Québec le 12) qui aurait très bien pu s'appeler le Birthday Party : "Tout à fait puisque nous avons décidé de jouer dans une salle de moyenne importance dans chaque ville, de façon à pouvoir y faire une sorte de fête d'anniversaire pour nos dix ans d'existence.
Sur scène, nous sommes six, dont nous trois (soit Nicola, son jumeau et claviériste de frè Stéphane Sirkis ainsi que le compositeur et guitariste Dominique Nicolas) et Philippe Eidel aux claviers et à l'accordéon, coréalisateur de tous nos albums.
Nous jouons entre deux heures et deux heures et demie : selon la réaction du public, nous pouvons allonger nos chansons ou en changer l'ordre puisque tout est "live", sans machine ni bande, ce que nous n'avions encore jamais fait - on le regrette d'ailleurs. Mais avant, nous tenions à reproduire sur scène exactement le même son que sur les albums. Aujourd'hui, nous laissons toute la place à la spontanéité."
La guerre est finie, l'inédit du Birthday Album finit toutefois sur les paroles "et on disparaîtra" Façon subtile de nous annoncer la fin d'Indochine? "On disparaîtra bien un jour, mais cette tournée n'est pas une tournée d'adieu et cet album n'est pas notre dernier album.
Un nouveau disque devrait sortir en mars ou avril 1993. Auparavant, en septembre prochain, je lance un album solo où je reprends 12 chansons que j'aime, 6 "covers" français et 6 anglais complètement réarrangés, dont des pièces de Bruce Springsteen, Patti Smith, David Sylvian (ex-leader du groupe Japan), Tears For Fears, etc." La guerre d'Indochine n'est donc pas finie...
Indochine-en-Québec
Le trio indochinois aime Québec. Et ne s'en cache pas. S'il nous visite environ une fois par année depuis 1987, son intérêt pour le Québec remonte en fait à leur tout premier grand succès, L'Aventurier, en 1982, chanson consacrée aux aventures de Bob Morane où on apprenait (avec un certain effarement, j'en conviens) que la fiancée de Bob se retrouvait prisonnière d'un sultan "en pleine terreur à Manicouagan isolée dans la jungle birmane"! Manicouagane (ou Manicouagan), cette belle rivière québécoise enfin élevée au rang de haut lieu du contre-espionnage...
Trève de plaisanterie, l'intérêt d'Indochine ne se limite pas à ces considérations géo-politiques. Dans le livret (hélas bourré de fautes d'orthographe...) qui accompagne la compilation, on reconnait nettement sur Stéphane un t-shirt Sauvez mon âme de Luc de Larochellière.
Et les deux visages de très jeunes filles qui illustrent l'endos du Birthday Album appartiennent à des Québécoises : "je venais de recevoir un reportage sur Indochine fait par Musique Plus, explique toujours Nicola. On y voit notamment des fans qui nous attendent à l'aéroport de Mirabel, dont ces deux filles. J'ai trouvé très beau leur air d'attente.
Or, la compilation et le spectacle, c'est pour nous un hommage que nous voulons rendre à notre public, qui est fidèle, qui nous attend toujours. J'ai donc extrait une photo du reportage, on a appelé MusiquePlus qui a passé une bande-annonce pour retrouver les jeunes filles, Christine et Amélie, qui nous ont accordé l'autorisation d'utiliser leur photo."
Ne me cherchez plus, je suis déjà à Mirabel. It's only new wave but I like it.