Indochine / accueil délirant
Véritable "événement rock francophone",
le premier spectacle à Montréal du quatuor français Indochine
a suscité un vent d'enthousiasme sans précédent chez les
jeunes Montréalais, plutôt enclins à applaudir les groupes
anglais. Et cet enthousiasme n'a nullement été altéré par la
très mauvaise sonorisation de ce show de deux heures, présenté
hier au Centre Paul Sauvé.
Très difficile dans de pareilles conditions d'apprécier le talent du chanteur Nicola, dont les paroles sont souvent demeurées inaudibles. Indochine n'en a pas moins déployé beaucoup d'énergie pour donner un spectacle à la mesure de sa réputation internationale.
Debouts du début à la fin, les 3 000 jeunes admirateurs du quatuor ont dansé, crié, démontré un entrain comme on n'en a jamais vu pour un groupe venu de France. C'est le fait le plus étonnant que cet engouement pour du rock français, quand d'autres vedettes françaises ont échoué à susciter pareil enthousiasme, malgré leur succès en France.
On se serait cru au Forum sous les clameurs des fans de groupes anglais, tant était survoltée l'ambiance du Centre Paul Sauvé hier soir. On connait par coeur les chansons du groupe. Mais c'est la musique qui reste l'élément le plus percutant chez Indochine, qui réussit ainsi à séduire les publics non francophones en Scandinavie et au Pérou, où se rend le groupe, au lendemain de sa première américaine au Québec.
En deux heures de spectacle, Indochine a pu interpréter la plupart de ses grands succès : Troisième sexe, Les Tzars, La machine à rattraper le temps, La Bûdha Affaire, dans le cadre d'un spectacle sans effet surprise, aucun gadget, ni fait réellement marquant, si ce n'est cet horrible son.
Quatre jeunes Français : Nicola, Stéphane, Dimitri et Dominik ont prouvé hier qu'on peut faire hurler les jeunes pour du rock en français. Enfin.