Indochine : en attendant le spectacle, un disque

Les Français semblent avoir trouvé en quatre jeunes, la formule pour rendre exportable un rock français. On ne jure que par un groupe de la vague hey-hey.

Le groupe Indochine, formé de quatres jeunes Français dans la vingtaine vend en effet aujourd’hui des disques dans près d’une trentaine de pays. Et, contrairement à beaucoup d’autres, ils refusent à adopter l’anglais; ce qui leur ferme cependant les portes du marché américain.

On pourra voir Indochine en spectacle à Montréal le printemps prochain, les membres du groupe ont cependant tenu à rencontrer la presse pour la promotion de leur cinquième album, et celui que le groupe a le mieux travaillé.

Avec, au départ, un public de jeunes de 8 à 16 ans, qui s’est étendu aux 30 ans lorsque Indochine a vu ses ventes passer de 200 000 à 700 000 disques avec l’album 3, ce quatuor a senti le besoin d’investir davantage de temps dans la conception de son nouveau microsillon, 7000 danses, qui suit la parution d’un disque "live".

Le chanteur et parolier du groupe, Nicola Sirkis explique : "Il y a deux ans qu’on n’avait pas fait de nouvelles chansons sur disque. Pour les autres albums toutes les chansons étaient prêtes avant d’entrer en studio. Cette fois, on voulait trouver des idées nouvelles".

Et après avoir enregistré dans les studios anglais, le groupe rock français a cette fois opté pour un studio français, Miraval; et pour une batterie plutôt qu’une boîte à rythme.

Non engagé socialement, ces jeunes plutôt bourgeois, en veste de cuir et chandails troués, ont l’air d’adolescents. Ils sont surtout de gros vendeurs de disques, et verront leur prochaine tournée de spectacle les amener un peu partout en Europe, au Pérou où le groupe chantera dans des stades, et j’en passe.

Au Québec, on commence à découvrir le groupe. Et si on se fie à la qualité de production, à l’énergie et à la recherche sonore qui caractérise le quatuor, il y a des chances pour qu’un groupe français perce enfin au Québec.

Mais ce ne sera pas à cause de la qualité du texte, que Nicola veut rempli d’ambiguités, précise-t-il. Ce sera peut-être à cause d’un accent qui rappelle la période punk de la fin des années 70.

L’important, comme le dit l’un des membres d’Indochine, c’est cette considération : "Le pire dans le rock c’est de se prendre au sérieux". Voilà le secret de ce groupe, qui prend quand même au sérieux la qualité du son et ne cherche pas à coller au "top 50" qui est la référence sacro-sainte en France aujourd'hui.