Nostalgie, l'éternel retour...
Le
leader, Nicola Sirkis, tout de noir vêtu, ovationné par 4.000 fans.
C'est le grand retour, sur le devant de la scène, de ceux qui ont fait danser les années soixante, voire soixante-dix et même quatre-vingts si l'on s'en réfère à l'exemple du mythique groupe "Indochine" que l'on croyait voué à une mort médiatique après un succès pourtant international.
La nostalgie est à la mode, instrumentalisée par des émissions de télé qui ont décidé de redonner leur chance à des vedettes du top 50 que l'on croyait atteintes par la date de péremption d'un jeunisme imposé par ces mêmes médias qui aujourd'hui les encensent.
Et voici que TF1 repropulse Julie Piétri dont les yeux limpides firent fantasmer une génération d'ados nourris au sein de la Bande à Basile. Et voici que les scènes de province font un accueil chaleureux à ces vedettes du vinyle qui finissent tant bien que mal à graver leur sillon dans des cd pressés en cette aube du troisième millénaire.
Adamo, Moustaki, et même Franck Alamo qui se fait fort d'enflammer un public dont il connut, jadis, les grands-mères twistantes...
Le rock électro d'Indochine
Certains pensaient qu'il était fini, mais vingt ans après ses premiers tubes, loin du "show biz", peu programmé sur les ondes, Indochine fait son retour. Une résurrection "Paradiziaque". Hier soir, sous les feux de la rampe du Zénith Oméga de Toulon, le groupe conviait ses fidèles à un concert décoiffant, un peu à l'image de son leader rebelle, Nicolas Sirkis.
L'instant tant espéré se produit. Les membres du groupe Indochine apparaissent sur scène. Près de 4.000 âmes, excitées, survoltées, certainement émues d'assister au come-back du groupe pop-rock des gothiques années 80, hurlent leur bonheur. Près de trois générations de fans, jeunes et moins jeunes, plutôt assagis, loin de la mode gothique de l'époque, vibrent sous l'effet de guitares savamment torturées au son électro-techno. L'instant de grâce.
Aujourd'hui, le groupe marqué par la tragique disparition de Stéphane Sirkis, l'un des frères, séduit d'autres oreilles. En témoigne le gros succès du dernier album "Paradize" avec plus de 700.000 exemplaires vendus et plus d'un million de singles. D'ailleurs cette tournée nationale rencontre un accueil des plus chaleureux. Le spectacle sera le même qu'en juin, présenté à Bercy.
Aucun doute, la relation s'établit. On assiste à une grande-messe, le miracle "Indo" en direct live. Si dans son dernier opus, Nicolas a évacué toute son énergie négative, et fait son deuil, on assiste clairement à une résurrection. Un ton plus optimiste (en tout cas dans les textes), une énergie folle, une présence forte. Que l'on aime ou pas, en tout cas on ne peut qu'admettre une étonnante sincérité et une touchante générosité.
Côté visuel, ça dégouline... Sur scène, le symbole est décliné par le logo Paradize, une crois rouge, que l'on retrouve partout.
Dans cette communion oecuménique, chanteur et public se retrouvent autour des codes tabous du glam-rock. Accompagné d'un groupe à synthés, guitares et batterie de bûcheron, Indochine exulte.