Indochine paradisiaque

Une année de tous les succès pour Nicola Sirkis. Après le Paradize Tour, le chanteur devient "programmateur" d'un nouveau festival fondé sur un esprit de convivialité.

Sur la scène d'une minuscule salle parisienne (Le Réservoir), tout Indochine est là. Pour une explosion musicale avec des titres lumineux comme Punker, Popstitute, Dark, Marilyn... Nicola Sirkis, l'ultime représentant de la formation originelle du pop rock glam, surgie voilà vingt ans, savoure.

Modestement. Un succès énorme pour l'album Paradize (Columbia / Sony Music - près d'un million d'exemplaires vendus), un Paradize Tour phénoménal qui s'achève le 3 juin au Palais-omnisports de Paris-Bercy. Et, nouvelle aventure, un festival d'été initié par Indochine!

Après cette année de tous les succès, vous voilà maintenant organisateur d'un festival!

Organisateur, absolument pas... Programmateur, plutôt. L'idée de ce X Festival (8 dates entre le 3 et le 29 juillet prochains, 7 en France et une en Belgique) m'est venue il y a un an. Pendant le Paradize Tour d'Indochine, j'ai reçu plein de demandes de groupes français de tout horizon pour faire notre première partie.

Et puis, on a joué dans un festival à Strasbourg où il y avait des gens aussi différents que Mass Hysteria, Tarmac ou Dionysos. Là, il s'est passé quelque chose...

Faut-il comprendre que les festivals, aujourd'hui, sont de grosses machines déshumanisées?

Pas tous, mais beaucoup... Les groupes attendent dans leurs loges, ils vont sur scène, repartent... Avec le X Festival, on veut essayer de retrouver cette convivialité qui caractérisait ces rassemblements autour de la musique.

Hormis Indochine, qui va participer à ce X Festival?

Nous participerons aux huit dates du Festival. Et chaque soir, il y aura trois ou quatre groupes sur scène. Parmi lesquels Dionysos, Mass Hysteria, Aqme, Dolly, Les Wampas, Suede, Audiobillies, Venus... On attend Melissa auf der Maur, Morrissey, Zwan - le groupe de Billy Corgan (ex-Smashing Pumpkins)...

Une fois encore, vous surgissez là où on ne vous attend pas...

Au moment où le rock devient un "bon client" pour le showbusiness, je veux seulement proposer une alternative. Un lieu de convivialité. Je sais que j'engage mon nom dans cette affaire. Et dans le même temps, je n'oublie pas que tout ce qui se passe autour d'Indochine est parti du public, certainement pas de l'intelligentsia du rock...

L'organisation de ce Festival signifie-t-elle la fin d'Indochine, comme vous le laissiez entendre avant la sortie de Paradize?

On va essayer de faire un nouvel album. On le sortira si on le juge digne d'Indochine. C'est vrai qu'on aurait pu partir sur le succès de Paradize, mais c'est peut-être ma morale judéo-chrétienne qui me dicte une autre conduite!

Arte, mardi 23.05 Music Planet 2Nite