Indochine, Chaos band
Vingt
ans, quinze disques officiels, deux époques distinctes et surtout une affection
populaire jamais démentie. Ainsi résumée, la carrière d'Indochine ressemble
à une longue marche triomphale; pourtant, doutes, brouilles et drames ont été
le lot du groupe des frères Sirkis au cours des années.
Aujourd'hui, entre un succès sans précédent avec Paradize (un million d'exemplaires vendus) et une tournée qui n'en finit pas, il était temps pour Rolling Stone de revenir sur l'aventure et d'aller discuter sur le fond avec Nicola Sirkis que, finalement, bien peu de gens connaissent.
"Et soudain surgit face au vent..." Comme pour beaucoup d'autres fans, c'est avec "L'Aventurier" que l'on a découvert Indochine au tout début des années 80. Et quelle découverte!
Plus besoin de se prendre la tête à essayer de décrypter les accords de Louis Bertignac ou de Nono de Trust. Avec Indochine c'était simple, amusant et vachement efficace.
Véritable machine à tube le temps de trois albums, le groupe a marqué la France des eighties avec son image forte, ambiguë (jusqu'au fond des yeux...) et différente. Nicola, Dominique, Stéphane et Dimitri vendaient beaucoup de disques et par conséquent faisaient vendre beaucoup de magazines.
Et puis les temps changent et Indochine n'est plus à la mode, au même moment où il devient un vrai groupe de rock et sutout où il écrit de très bonnes chansons ("La Machine à rattraper le temps", "Le Baiser", "Punishment Park, "Savoure le rouge"...).
Indochine, ça a toujours été ça, un concept en évolution permanente, toujours près à se remettre en question, avec des albums comme Le Baiser ou Un jour dans notre vie qui renferment certaines des meilleurs chansons de l'équipe Sirkis / Nicolas. Et puis Dominique s'en va (Dimitri l'avait déjà fait auparavant, mais la perte fut moins douloureuse) et laisse le vaisseau dans les mains des deux jumeaux.
L'éternel adolescent, Nicola, et celui qui a toujours été un peu l'âme rock du groupe, Stéphane. Avec de nouveaux collaborateurs, Indochine commence son "acte 2" et nous balance Wax, un disque qui, comme les deux autres qui suivront, remettra le groupe dans l'air du temps et lui fera rencontrer en chemin de nouveaux fans. Une nouvelle génération découvrira et aimera Indochine, se retrouvera dans les textes de Nicola et dans sa musique.
Avec Dancetaria, le groupe signe son chef-d'oeuvre, un album à la couleur sombre, marqué par la disparition de Stef. Le guitariste y signera par ailleurs ses meilleurs morceaux. Aujourd'hui, Indochine est bien là et a sa place dans le rock. Paradize nous l'a prouvé. Si quelqu'un a encore des doutes, franchement on en a rien à foutre.
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Indochine première époque. Le temps de l'insouciance? 1 : 1985, Nicola et Gainsbarre sur le tournage du clip de "Tes yeux noirs". 2: Stéphane et Nicola en 1988. 3 : Remise de disques d'or avec Coluche et (!) Eddy Mitchell en 1987. 4 : Dom, Stef, Nico et Dimitri s'amusent en tournée en 1986.
Nicola Sirkis, entre enfer et paradize
Tu
parles souvent du groupe, défends le nom d'Indochine, mais tu es le seul membre
originel encore présent aujourd'hui, au point de le symboliser à toi tout
seul.
Difficile parfois, quand tu dis que le groupe n'est pas chaud pour ceci ou cela, de ne pas entendre "Nicola n'est pas très chaud pour...", de te servir du groupe comme d'un paravent?
On peut le voir comme ça...
Pour à peu près tout le monde, Indochine, c'est toi, point à la ligne.
Pas aujourd'hui. Quand tu vois sur la tournée l'ambiance autour de Boris, d'Olivier, de Fred, même du nouveau batteur... Ce public-là a envie du groupe, pas de moi uniquement. Maintenant, c'est vrai que je me cache derrière l'anonymat d'un groupe. C'est une position un peu facile, je l'admets.
On te reproche un comportement autocrate, avec des idées très arrêtées sur ce que tu veux faire. Certains vont même jusqu'à voir un toi un intriguant, jaloux aussi parfois, notamment par rapport à Stéphane, ce dont certains magazines ont fait écho.
Je ne veux pas répondre à ça [ce qui s'est passé avec Entrevue, Ndlr]. C'est une attaque tellement personnelle, surtout venant de sa propre famille... J'ai ma conscience pour moi. On fait passer Stéphane pour un abruti complet, qui ne disait jamais rien, juste posé là. Alors que ce n'était pas du tout le cas.
Maintenant, pour ce qui est de l'autocratie, je veux bien l'admettre. Pendant 15 ans, toute la première partie d'Indochine, j'essayais d'arrondir les angles entre Dominique, Stéphane, Dimitri. Et même si des fois, je donnais mon avis, j'essayais d'être plutôt diplomate. Aujourd'hui, c'est vrai, j'ai pris une position de leader beaucoup plus forte, mais la porte reste toujours ouverte...
VISIONNAIRE
Finalement,
celui qui a pris le pouvoir dans Indochine était le moins musicien, le moins
"musicos" du lot, mais le seul des quatre qui avait une vision...
Dire "avoir une vision", c'est soit messianique, soit machiavélique... Je pense avoir été un des rares avec Stéphane, qui y croyait tout autant, à penser que le groupe était là pour longtemps.
Je ne me suis jamais dit "C'est fini, "L'Aventurier" a fait son temps, le groupe a fait son temps". On a toujours été porté par la vague de cette musique et par le truc, sans jamais baisser les bras.
Pardon d'insister, mais ces certitudes étaient le fruit d'une vision, de quelqu'un qui pouvait être inspiré par autre chose que la musique, la littérature notamment...
Effectivement. La position de leader arrive souvent quand c'est le chanteur qui écrit des textes, avec ou contre son gré. Regarde Dave Gahan. Il ne fait rien, et il est en pourtant en position de leader chez Depeche Mode. Je "claviotais" un petit, quelques mélodies et tout ça. Mais j'ai tout de suite senti le vent tourner en 1990 et j'ai appris la guitare tout seul.
J'ai voulu demander à Dominique et je me suis dit que j'allais apprendre tout seul. C'est peut-être ça ma propre vision, sentir qu'un jour j'aurais besoin d'écrire mes propres chansons, faire mes propres trucs. Alors maintenant, je suis peut-être un très mauvais guitariste et un très mauvais clavier, mais j'arrive à écrire deux ou trois morceaux, à gérer un truc, etc. J'ai peut-être senti le vent tourner à ce moment-là.
Et si tu n'avais pas conduit, même inconsciemment, le groupe là où tu l'as mené, même si l'accord des autres ou en suscitant leur accord, Indochine aurait été Haircut 100 ou A Flock Of Seagulls...
Ou Duran Duran, voire pire. Quand tu regardes l'histoire d'un groupe, cette vision a toujours été là, inconsciente ou non, mais il y a toujours eu celle d'un mec qui tient les rênes, qui tient l'histoire. Alors effectivement, pendant les dix premières années, j'étais très diplomate, je me suis vachement restreint, pour me rendre compte qu'à un moment, il fallait, quoi qu'il arrive, taper du poing sur la table.
Ça en devenait insupportable, entre celui qui ne voulait plus tourner, le public qui n'allait pas voir Indochine sur scène, etc. Alors "autocrate", "dictatorial", j'accepte tous ces trucs-là, et encore... L'histoire du rock a toujours généré des gens qui font les choses à outrance, comme Billy Corgan qui torpille son groupe parce que bien plus dur avec lui-même, allant jusqu'à dire qu'ils n'ont jamais fait quelque chose de bien.
Moi, j'ai toujours été plus positif. Par souci de mémoire, au nom de l'histoire d'Indochine, je conserve ça par rapport aux nouveaux membres, aujourd'hui, et je leur dis ce qu'il faut faire.
Comment te définirais-tu? On a le sentiment que tu es un peu touche-à-tout...
Oui, ça, c'est sûr. Là où chacun a sa spécialité dans le groupe - la guitare pour l'un, les synthés pour l'autre, le saxo... -, moi je me suis intéressé à tout l'univers, comment allait sonner la chanson, trouver le nom du groupe, le nom d'une chanson, la mélodie de la voix, l'emballer, être toujours "accompagné" de graphistes, être toujours intéressé par tout ce qui est image...
C'est aussi toi qui a tiré ça vers le côté littéraire...
Oui, je pense qu'un groupe, c'est comme une oeuvre, une peinture. Il y a toujours eu chez nous une passion pour l'image, la communication, faire attention à tout ce qu'on faisait. Une chanson ne peut pas être que juste des notes, un texte et un disque, il faut aussi un clip, un entourage...
Oui, j'ai toujours été intéressé par ça. C'est peut-être la raison pour laquelle il y a plus de profondeur dans Indochine. Sans être présomptueux, Robert Smith est comme ça; dans chaque groupe, il y a un mec comme ça.
VILAIN PETIT CANARD
Tu te plains souvent d'être le mal-aimé...
Je ne me suis jamais plaint, encore moins de ma situation. J'ai juste fait le constat qu'effectivement, à une certaine époque, on était boycotté à la radio, ce dont, pour certaines d'entre elles, j'étais plutôt ravi, honnêtement.
Dans ta relation avec le milieu musical, on pourrait presque parler d'un rapport de schizophrénie : une volonté de s'en tenir à l'écart d'un côté, une propension à tirer à boulets rouges sur le business, les maisons de disques, de l'autre, tout en profitant de la situation...
Oui, je ferais mieux de me calmer, maintenant, c'est vrai...
Et en même temps, pour qui te connaît un peu, on sent chez toi un vrai plaisir à tenir ce rôle de vilain petit canard!
Ne pas faire l'unanimité m'a toujours fait kiffer, effectivement. Ça remonte à l'enfance. Même en classe, il fallait être le dernier, ou en tout cas me démarquer. C'est certainement quelque chose de très ancré dans le fait que nous étions trois frères, qu'il fallait se différencier pour exister. Sortir de l'anonymat aussi, peut-être.
Une
image rare, Indo à Montserrat, aux Bahamas, en 1987, pendant l'enregistrement
de 7000 danses.
Tout serait donc intimement lié à l'histoire familiale?
Non, je ne pense pas. Mais on était déjà à part, puisque Français vivant en Belgique. Puis mes parents ont divorcé, ce qui, à l'époque, était quand même rare. Ensuite, lorsqu'on est revenu en France, on était expatriés.
Bref, nous n'étions pas dans la ligne de conduite normale très "ronron" de la France des années 70. Après, nos goûts musicaux n'ont fait que renforcer cette tendance à "se démarquer de la masse". Mais à mon avis, n'importe quel artiste de rock, c'est ça.
Quand tu écoutes Marilyn Manson ou Saez chez nous, il ne s'agit pas d'autre chose. A ce niveau-là, je n'ai rien d'une exception. Maintenant, que l'on vienne dire que, dans ce milieu, je sois perçu comme le mal-aimé, le mal compris... Etre compris par d'autres ne m'intéresse pas, pas plus que d'être en adéquation avec le plus grand nombre.
Les gens qui nous aiment sont eux aussi en marge, à l'image de Dutronc chez les "artistes populaires". Rares sont les groupes qui disent nous aimer ou citent Indochine en France. La dernière en date, c'était Alizée (rires)! C'est comme ça depuis le début, à part peut-être quelques rock-critics au moment du Bus d'Acier.
Et même quand le vent tourne, comme c'est le cas avec cet album (Paradize) depuis quelques mois avec la renaissance unanime du métier et du public, le retour de vague n'est jamais loin : les journaux à scandale qui en profitent, deux-trois trucs religieux un peu bizarres... Indochine a toujours senti le soufre, alors qu'on n'a pas fait grand-chose.
En même temps, ne pas aimer Indochine aujourd'hui, c'est limite ringard...
Oui, mais ça peut aller très vite dans le sens contraire. J'ai connu ça, et ça ne me fait pas peur.
Ce succès est même si énorme que l'on pourrait l'assimiler à une malédiction pour quelqu'un comme toi qui n'a longtemps juré que par l'underground...
Oui. En tout cas, moi, je suis ravi par rapport à l'injustice qu'il y a eu autour de ce groupe, ce mépris dans les années 90. Quoi qu'il arrive, ça fera plaisir à Dominique, à Dimitri... Etre témoin de ça aujourd'hui ne peut que me réjouir, y compris par rapport à ce public qui nous a soutenus. Là, c'est un vrai bonheur. Sans qu'il y ait le moindre sentiment de vengeance chez moi, c'est une victoire sur le passé, un espoir pour le futur.
Parce qu'aujourd'hui, Indochine n'a jamais eu de meilleur line-up depuis le début de son existence. On a tous envie de continuer Indochine sur scène, envie de faire notre Exile On Main Street, sans être présomptueux. Ça fait très longtemps que j'attendais enfin ce vrai groupe, celui que j'ai toujours voulu former et qui n'a jamais existé.
Hier, au niveau des compositions, c'était toujours Stéphane et Dimitri d'un côté, Dominique et moi de l'autre. Ça n'a jamais été un vrai groupe au sens Placebo du terme, par exemple, même si aujourd'hui, je suis de plus en plus le leader. Mais là, on a tous envie de faire ça.
Indochine
2003. En partant d'en haut à gauche : Marc Eliard, Fred Helbert, Oli De Sat,
Boris Jardel, Mister Shoes et Nicola.
UN PASSÉ, PAS UN PASSIF
Si un Stéphane arrivait aujourd'hui dans Indochine, saurais-tu mieux le canaliser? Mieux que tu n'as su le faire en tout cas, notamment par rapport à son implication?
Oui, probablement. Mais ça m'est tellement difficile de parler de ça parce que je sais déjà tout ce qui va me tomber dessus. Dominique ne va pas être d'accord... Je pense que la psychanalyse du groupe n'a pas encore été faite par tous les autres membres.
Ce problème de l'ancien Indochine ne se réglera jamais, malheureusement. Moi je l'ai réglé, de par ma propre conscience. Stéphane a voulu rester avec moi, avec le groupe. La vraie injustice là-dedans, c'est la mort qui l'a frappé juste avant. Je ne pense pas avoir sali le nom d'Indochine.
Je l'ai porté, son histoire avec, refusant de considérer qu'un titre comme "L'Aventurier" ou d'autres, qu'ils soient signés Dominique ou Stéphane, n'appartiennent qu'au passé du groupe. Je sentais que le public répondait à ce côté héritage, c'est peut-être même pour ça qu'il a suivi.
Alors, bien sûr, après la tournée, après le concert de Bercy, je pourrais très bien dire au revoir à Boris et aux autres, partir faire mon propre album. Mais je n'en ai pas envie. Je me sens toujours à l'aise dans un structure de groupe, et l'on ne s'est jamais aussi bien entendu.
Finalement, Indochine n'aura été pour toi qu'une longue névrose, un "bébé" que tu as toujours défendu becs et ongles...
... Pour en prendre plein la gueule ensuite! Même au sein du groupe, en tout cas ceux qui sont partis, quand un bon article sur le groupe sortait, c'était satisfaction générale. En revanche, quand il était mauvais, c'était "Putain, qu'est-ce qu'ils t'ont mis sur la gueule!" Bref, j'étais toujours dans le collimateur.
Effectivement, c'était toujours ça, la rançon du truc. A un moment, je me suis positionné en leader, on m'a donc tiré dessus à boulets rouges de tous les côtés. Mais le succès est pour Indochine, et c'est tant mieux. Est-ce un sacrifice? Je n'en sais rien.
Moi, quand j'ai voulu faire un truc tout seul, j'ai écrit des nouvelles, et je sais que dans un futur lointain, je terminerai certainement comme ça. J'ai toujours cru en ce groupe, et c'est peut-être pour ça qu'il est respecté aujourd'hui.
Ne pourrait-on voir chez toi un syndrome Peter Pan, un refus de vieillir? Tu es plutôt du genre à prendre grand soin de toi...
Je ne sais pas. Ça a un côté un peu mystérieux que je préfère. C'est pour ça que ces trucs comme avec Francis Lalanne dans 60 jours, 60 nuits, voir les gens se balader en caleçon, ça ne me parle pas... Moi, j'ai besoin d'un mythe, je n'ai pas envie de voir Robert Smith en caleçon. Est-ce du professionnalisme? Indochine, et moi par ricochet, nous existons sur scène, à travers les disques.
Le reste ne regarde que moi. Quand Stéphane avait fait des photos dans Paris Match avec Lou sa fille, ce fut un grand et long débat. Le seul truc qu'il m'a dit qui nous a tous mis d'accord, c'est qu'il aimerait bien que sa fille, dans 15 ans, elle se revoie... C'était tout à fait respectable de sa part.
Moi, je n'en ai pas envie, mais ça n'engage que moi. Ai-je tort ou raison? Est-ce bien ou pas? Je n'en sais rien. C'est juste une ligne de conduite à laquelle je suis content de me tenir. Moins les gens savent qui je suis plus j'ai de latitude pour faire des choses qui peuvent encore surprendre.
Le "X" festival : un truc de famille...
Cet été, Indo repart sur les routes, mais avec dans ses bagages plein d'autres artistes (Overhead, Trash Palace, Mickey 3D), façon Lollapalooza... Nico explique le pourquoi du comment du X Festival.
"On a fait un festival l'année dernière, Artefacts à Strasbourg, et tout à coup il y avait Dionysos, Mass Hysteria, Indochine et Tarmac. Des groupes qui n'ont rien à voir les uns avec les autres... Une soirée incroyable : tous les groupes se sont vus, il y avait vraiment une atmosphère de famille, quelque chose de très fort. Donc, l'idée est venue de réunir des artistes qui n'ont rien à voir les uns avec les autres, comme sur Paradize.
Ce côté Lollapalooza à la française, avec les risques de ne pas réussir, les difficultés à monter ce truc-là, je trouve ça intéressant. Je pensais avoir un groupe français et un groupe anglais pour les dix dates, et apparemment, ça va plutôt être plusieurs groupes par-ci par-là, mais vraiment que des groupes que j'aime bien.
J'ai aussi envie de faire découvrir au public d'Indochine des groupes comme ça. Mais il n'y a aucune gérance artistique de moi vis-à-vis d'eux. Certains groupes vont y trouver un tremplin et ça, c'est quelque chose qui me ravit. C'est compliqué à monter, mais on va y arriver."
Indo Disco
L'AVENTURIER ![]()
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Ariola / BMG, 1982
Premier
album ou mini-album du groupe, ce disque déboule au milieu d'une scène rock
française assez désemparée qui cherche une certaine identité sans
s'empêcher de lorgner de l'autre côté de la Manche. Avec Indochine, il suffit
d'une guitare "un peu Shadows", une boîte à rythme et un saxo et le
tour de magie est fait.
On y retrouve le hit du même nom, mais aussi "Dizzidence Politik", la reprise de "L'Opportuniste" de Dutronc et la minimale "Françoise (Qu'est-ce qui t'as pris)". Welcome les années 80.
LE PÉRIL JAUNE ![]()
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Ariola / BMG, 1983
Après
le succès de L'Aventurier, il fallait assurer et... ne pas perdre de
temps. Le résultat : un album fait un peu trop vite, enregistré en Angleterre
avec Simon Skolfield (Culture Club, Spandau Ballet...).
L'Orient, la bande dessinée sont toujours les thèmes principaux des chansons, parmi lesquelles se distinguent "Pavillon rouge", "Miss Paramount", "Okinawa" et le nouveau tube "Kao Bang". Il garde avec le temps un côté assez naïf.
3 ![]()
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Ariola / BMG, 1985
Indochine
découvre le sexe, l'ambiguïté et impose une image forte, un look qui sera
celui de toute une génération. "3ème Sexe", "Trois nuits par
semaine" sont des tubes incontournables.
Le succès est énorme; exit Trust et Téléphone, Indochine devient LE premier groupe rock français. Il fait la une de la plupart des magazines, presse "teenagers" comprise, et des plateaux de télé. Enorme.
LIVE AU ZÉNITH ![]()
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Ariola / BMG, 1986
Témoignage
de la longue tournée qui a accompagné l'album 3 et du concert dans la
célèbre salle parisienne. Album sympa, amusant (les commentaires de Nicola...)
et un peu "best of".
Sur scène, un vrai batteur, Arnaud Devos, accompagne le groupe et donne la pêche à certains morceaux. On est toutefois encore bien loin du groupe live qu'on connaît aujourd'hui.
7000 DANSES ![]()
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Ariola / BMG, 1987
Enregistré
à Montserrat, c'est l'album qui a la dure tâche de succéder à 3.
Après la BD, le sexe... Indo fait un peu sa petite révolution avec des textes
qui touchent la politique et la désinformation : "Les Tzars",
"Un grand carnaval" (bravo Stéphane), "Les Citadelles".
Sans oublier deux chansons superbes et sensuelles : "La Chevauchée des champs de blé" et "La Machine à rattraper le temps". Le son est très "guitare" et rock avec de vrais musiciens à la basse et à la batterie.
LE BAISER ![]()
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Ariola / BMG, 1990
Trois
ans sont passés, Indochine a pris les distances de la surexposition médiatique
qui l'avait accompagné durant ces premières années et devient un trio après
le départ de Dimitri. Bourré de références littéraires (Salinger, Albert
Cohen...), l'album nous présente un groupe mûr et remis à neuf par la
production de Philippe Eidel.
Le single "Le Baiser" est un vrai bijou aux sonorités minimales du plus bel effet. On retiendra aussi "Des Fleurs pour Salinger", "More", "Punishment Park" et "Les Plus mauvaises nuits". L'album aurait mérité un plus gros succès... digne de sa véritable valeur.
LE BIRTHDAY ALBUM ![]()
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Ariola / BMG, 1991
Premier
"best of" pour célébrer les dix ans d'Indochine. Un bon
compte rendu de ce qu'est et a été Indochine. La compile se vendra
bien et on notera au passage l'agréable inédit "La Guerre est
finie". |
UN JOUR DANS NOTRE VIE ![]()
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Ariola / BMG, 1993
Album
très orienté vers les guitares, Un jour dans notre vie contient
certaines des meilleures chansons d'Indochine ("Savoure le rouge,
"Ultra S", "Crystal Song Telegram", "Anne et moi",
"Vietnam Galm"...) mais, hélas, la production de Philippe Eidel ne
les valorise point.
La presse s'amuse à taper sur Indochine, alors que le public ne répond plus présent. Dommage.
RADIO INDOCHINE ![]()
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Ariola / BMG, 1994
Encore
un live, enregistré à Spa. Dernière tournée avec Dominique à la
guitare.
Indochine est un vrai groupe de rock, sans le moindre doute, et nos amis les Belges l'ont vite compris. Superbe version piano et voix de "3ème sexe". |
UNITA ![]()
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Ariola / BMG, 1996
Deuxième "best of" avant de démarrer l'acte 2
d'Indochine. Si Le Birthday Album était un bon compte-rendu de ce qu'est
et a été Indochine, Unita nous montre où veulent aller Nicola et
Stéphane.
Une nouvelle génération a découvert le groupe, celle qui écoute Oasis, Placebo et Suede. L'inédit "Kissing My Song" nous annonce la couleur du prochain album. Signalons en passant la sortie d'une autre compile, Les Versions longues : pour fans only.
WAX ![]()
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Ariola / BMG, 1996
Goodbye
Dominique, les frangins Sirkis commencent à s'entourer de collaborateurs,
notamment Alexandre Azaria (ex-Le Cri De La Mouche) et Jean-Pierre Pilot. Wax
est très (brit) pop/rock et contient de superbes morceaux comme le sulfureux
"Unisexe", "Drugstar", "Je n'embrasse pas",
"Les Silences de Juliette", "Satellite" ou encore
"Révolution" aux accents gospel.
L'amour, la découverte du sexe, la destruction de la cellule familiale, tout y passe. Nicola sait parler comme peu d'autres aux jeunes de son âge : les adolescents.
INDO-LIVE ![]()
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Une Musique / Polygram, 1997
Double
live enregistré encore une fois en Belgique (Bruxelles), voici le
disque d'Indo "en concert" qu'il faut avoir. Tout
simplement fantastique, la version de "3ème sexe" précédée
de "Mes regrets" de Michel Polnareff. |
DANCETARIA ![]()
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Double T Music / Sony, 1999
Le
disque gothique et obscur d'Indochine. Stéphane nous quitte mais en nous
laissant quand même ces plus belles compositions : "Manifesto",
"Atomic Sky", "She Night", "Stef 2" et "Rose
Song".
La place de Jean-Pierre Pilot (claviers) est encore plus grande, alors que Nicola nous balance ses meilleurs textes, sensuels, provocants et marqués d'un certain romantisme noir. Le groupe refait parler de lui. Pour beaucoup Dancetaria est le chef-d'oeuvre d'Indochine. Tout à fait.
NUITS INTIMES ![]()
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Columbia / Sony, 2001
Concert
acoustique entre amis, Nuits intimes est la preuve qu'une belle chanson
l'est toujours, même si on l'habille diféremment. Un cadeau pour les
fans, à nouveau nombreux. |
PARADIZE ![]()
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Columbia / Sony, 2002
Que
dire d'autre? Indochine retrouve la route du succès, squatte à nouveau les
charts (merci "J'ai demandé à la lune", merci Mickey 3D), mobilise
la presse (sauf les jaloux habituels...). Paradize est un disque bien
dans l'air du temps, l'album le plus rock du groupe (un vrai groupe!).
L'arrivée d'Oli De Sat a fait le plus grand bien à Nicola, alors que ce dernier a su se remettre en question en invitant plusieurs artistes de la musique et de l'écriture à se pencher sur les chansons. Le résultat, il est là.
