"Gardien de l'âme"

Dès 16h hier, les fans se pressaient pour assister au concert d'Indochine. Nicola Sirkis les attendaient de pied ferme...

Dernier membre fondateur en activité du groupe Indochine. Nicola Sirkis évoque le présent, le passé et le futur de la formation. Interview à trois temps...

Indochine ne cesse de vivre une véritable résurrection depuis la sortie de l'album "Paradize". La tournée affiche complet et Micropolis l'accueille de nouveau à guichets fermés, un luxe rare dans la capitale comtoise. Entretien avec leur leader...

Comment expliquez-vous l'engouement autour de votre dernier album? (904.000 disques vendus, les récompenses du meilleur album pop-rock aux Victoires de la musique, meilleur album francophone aux NRJ Music Awards et le titre de meilleur artiste français aux MTV Europe Music Awards).

- Pourquoi est-ce que Renaud cartonne aussi? Notre point commun est d'avoir été tous les deux absents des plateaux de télévision pendant des années. Je crois que le public souhaite revenir à la sincérité des choses et à la qualité du spectacle sur scène. Et les choses sont en train de changer en France avec les succès d'artistes comme Carla Bruni ou Vincent Delerm...

Pressentiez-vous un tel succès?

- Tout ce que je savais en le préparant, c'est qu'il allait se passer quelque chose... Le succès du 2 titres "J'ai demandé à la lune" y est pour beaucoup mais tous les autres titres fonctionnent. Les gens veulent voir un concert de rock, un show avec du sexe et de la passion...

"Marre des caméléons"

Vous avez été "boudé" par l'industrie du disque pendant votre traversée du désert", aujourd'hui la revanche est éclatante...

- Le public commence à en avoir marre et à être saturé d'être constamment pris pour cible par la promo. Aucune radio française ne nous programmait alors qu'en Suisse ou en Belgique, des radios comme Couleur 3 nous ouvraient leurs ondes. Tout cet univers nous cataloguait comme des ringards, des has-been et considérait notre public comme nul.

L'injustice est aujourd'hui réparée et c'est le public qui nous a imposés. Aujourd'hui, ils sont bien obligés d'écouter ce choix. Mais ce n'est pas pour autant que nous acceptons les projets de ceux qui ont retournée leurs vestes.

Justement, le groupe a évolué et vous êtes désormais le dernier membre fondateur à poursuivre l'aventure...

- Depuis Wax, je souhaite qu'Indochine continue coûte que coûte. Des gens ont choisi d'arrêter en route ou sont décédés mais le public, lui, est toujours resté. Je crois qu'Indochine, c'est avant tout une âme et cette âme est plus forte qu'un guitariste ou un chanteur. Dans ce contexte, je suis un peu le gardien de cette âme.

Je pense que l'on a aujourd'hui le meilleur line-up qu'ait connu Indochine et qu'on a amélioré notre style gothicoglam-pop. Les gens n'en peuvent plus des caméléons...