Indochine fait "vibrer" Forest

Samedi soir, le groupe français "Indochine" a enflammé les milliers de fans présents à Forest National. Et fait vibrer tout un quartier. A plusieurs reprises, nous avons constaté que notre bâtiment bougeait, nous explique Charles Feron, un habitant de l'avenue du Domaine. Cela s'accompagnait de craquements significatifs.

On en a vraiment marre, dit encore notre interlocuteur qui exige l'intervention des responsables politiques. Nous demandons la fin des musiques hurlantes qui provoquent le tremblement du sablonneux forestois et le concours de la police pour faire respecter, après minuit, le sommeil légitime des riverains.

Un cri apparemment entendu par la commune. Cela a été une cata, tremble encore Corinne De Permentier, la bourgmestre (MR) de Forest. J'habite dans le périmètre et j'ai moi-même ressenti les vibrations et ce dès l'après-midi lors des répétitions. A ma demande, des mesures ont été effectuées par AIB-Vinçotte. Des ingénieurs ont placé un appareil de mesure de vibrations dans la salle ainsi que chez un particulier habitant l'avenue du Domaine.

Des spécialistes de l'IBGE (Institut bruxellois pour la gestion de l'environnement) ont fait de même rue Victor Rousseau. On se plaint depuis longtemps, soupire Danièle Delsarte chez qui un de ces appareils a été installé. Les bâtiments bougent, les cadres tombent des murs et les verres tintent dans les armoires. C'est vraiment désagréable à vivre.

Il y a quelques mois, Indochine a fait un premier passage à Bruxelles. Nous avions passé une soirée épouvantable, ma plus jeune fille avait eu tellement peur que cette fois j'ai décidé de la faire dormir ailleurs, raconte la riveraine. Les vibrations ont été moins importantes que la première fois mais malgré tout suffisantes pour être enregistrées.

A l'IBGE, on annonce que les résultats seront connus dans les prochains jours. Les ingénieurs m'ont en tout cas déjà confirmé que de nombreuses vibrations de différentes amplitudes ont été recensées tout au long du concert, annonce Corinne De Permentier.

Au département de sismologie de l'Observatoire d'Uccle, des mouvements ont également été répertoriés. Nous avons effectivement enregistré des vibrations confirmant un mouvement de sol relativement important autour de la salle, nous dit ce spécialiste en précisant qu'il ne s'agirait toutefois pas du record du genre.

Ce n'est en effet pas la première fois qu'un concert fait l'objet de telles répercussions en dehors de l'enceinte forestoise. Dans les années 80, "U2" et "The Alarm" avaient déjà fait trembler la terre sous les pieds des Forestois. En novembre 2001, les sauts en cadence des fans du groupe Faithless ont, eux, entraîné une onde de choc dans le quartier. La commune avait alors refusé un second passage de Faithless programmé quelques mois plus tard.

Je ne vais pas laisser les choses en état, avertit Corinne De Permentier. Les gestionnaires de Forest National doivent trouver une solution. Ils ne pourront en tout cas pas prétendre qu'il s'agit d'une invention.·