Indochine au Paradis

Indochine : avant tout un groupe de scène.

Mercredi soir, le Rhénus accueillait le "Paradize Tour Acte III", autrement dit, Indochine. Un dispositif impressionnant, un chanteur en pleine forme et un public chaleureux.

Tous les ingrédients étaient là pour un grand concert. "Bonsoir l'Alsace, bonsoir Strasbourg!" Indochine, rentré sur scène salue son public.

Le hall Rhénus est plein et la salle, déjà chauffée par le passage plus que dynamique de Jeronimo, en première partie, est prête pour ce qui sera un concert pêchu et émouvant.

Nicola Sirkis tient la forme tout de rouge vêtu. Un rouge sang, rouge comme la vie, rouge comme la mort. Mais pas de place pour la morbidité, malgré un deuil qui lui pèse apparemment encore - Stéphane Sirkis, son frère, est décédé en février 1999 - c'est l'espoir avant tout qui transparaît à travers les chansons d'Indochine.

Respect!

Le public, tout acquis à la formation, est dans l'ambiance dès les premières chansons. La fosse grouille de fans remuants. Nicola Sirkis fait participer son public, s'adresse souvent à lui. Celui-ci répond par des cris de joie.

"Merci de votre accueil, lui lance-t-il. Un public comme ça, on ne peut que le saluer! Respect!" et de s'agenouiller pour recevoir humblement une ovation émouvante.

Les nouveaux morceaux du dernier album "Paradize" s'enchaînent. "La lune" déchaîne les passions. On retrouvera aussi avec plaisir de plus anciens, réarrangés, comme "Trois nuits par semaine". Derrière le groupe, des projections vidéos tiennent lieu de décors alors que des jeux de lumières impressionnants ponctuent la rythmique.

Les quatre musiciens - Matthieu, batteur, Boris, guitariste, Marco, bassiste et Jean-Pierre (clavier) - sont à l'unisson avec leur leader, transformé en véritable bête de scène et visiblement transfiguré par sa musique. Partout, des mains levées, des corps bondissant témoignent de l'ambiance électrique et grisante du concert.

Au passage, Nicola Sirkis évoque la menace de guerre qui pèse sur l'Irak, émet le souhait qu'elle n'ait pas lieu puis dédicace une chanson à Saddam Hussein et à George Bush "qui eux aussi, ont besoin de sexe".

Indochine n'a pas changé. Nicola a toujours sa petite mèche devant. Mais le groupe a su évoluer, tout en restant fidèle à lui-même.

Avec "Paradize", la formation signe un retour en force, par ailleurs reconnu du public et recompensé par ses pairs (l'album a été récemment élu meilleur album pop/rock de l'année aux Victoires de la musique). Mais Indochine a surtout prouvé qu'il était toujours là et qu'il était avant tout un groupe de scène.