Indochine embrase le palais
Dimanche
soir, pendant deux heures, les 2.500 spectateurs ont approché le
"paradize".
Un ouragan. C'est l'image qu'a donnée dimanche soir, le groupe Indochine sur la scène du palais d'Auron, à 2.500 spectateurs conquis.
Ils sont entrés sur scène sous le feu nourri des applaudissements et autres cris des spectateurs. De noir vêtus, ce sont les musiciens qui ont tout d'abord fait leur apparition, dans la pénombre.
Mais c'est "l'apparition" de Nicola Sirkis, le chanteur historique, qui a littéralement enflammé la salle.
Cheveux crêpés, tenue de scène rouge et maquillage léger, c'est une vraie furie - loin du Nicola calme et presque timide que nous avions rencontré quelques heures avant - qui a pris d'assaut la salle pleine à craquer de 2.500 fans, toutes générations confondues, parmi lesquels quelques clones du chanteur avaient pris place.
Si les concerts d'Indochine sont réputés être des moments de communion avec le public, c'est à un de ces moments-là que l'on a assisté dimanche soir. Pendant deux heures, les spectateurs debout ont repris en choeur toutes les chansons, des plus récentes aux populaires "L'Aventurier", "Kao Bang", "Trois nuits par semaine"...
Véritable communion
Mais c'est avec le tube "J'ai demandé à la lune" que l'osmose s'est opérée : dès les premières notes, les fans ont donné le la, obligeant ainsi le groupe à reprendre la chanson. Une communion savamment organisée par le groupe au fil de l'alternance des morceaux rythmés et des ballades.
"Laisse-moi être comme toi, laisse-moi être toi, laisse-moi être ton sang, laisse-moi un peu de temps..." : ces premières paroles du "Grand secret" dont le visage de la chanteuse Melissa Auf Der Maur (ancienne bassiste des groupes Hole et Smashing Pumpkins) apparaît sur l'écran de projection d'images, sont entonnées, comme murmurées. Les paroles des chansons, Nicola n'hésite pas à les utiliser pour évoquer la situation mondiale.
Répondant à un mouvement international d'opposition au conflit américano-irakien, le groupe avait ainsi allumé des petites bougies d'espérance sur le bord de la scène. Protestant contre "cette putain de guerre", Nicola Sirkis a prôné "du sexe pour Bush", en alternative à ses envies belliqueuses.
Un groupe engagé qui a souligné la chaleur et fidélité du public de Bourges tout en regrettant que "le Printemps de Bourges n'a pas voulu de nous". C'est par trois séries fournies de rappels (dont un mix des grands succès) que le groupe a remercié Bourges. Un public qui en aurait visiblement bien redemandé encore.