Nicola Sirkis... en attendant Indochine
Les
fans étaient déjà aux portes du palais en tout début d'après-midi
Au palais d'Auron, un peu avant 18 heures, c'est déjà la folie alors que le début du concert d'Indochine est prévu pour 20h30. Les fans attendent depuis 14 heures, voire depuis midi pour certains, impatients d'assister au concert de leur groupe de rock favori.
Aux portes "VIP", les plus culottés tentent de trouver des motifs plausifs pour passer les portes fermées à double tour. Nous, journalistes, attendons aussi. L'attachée de presse du groupe nous a fait signe, nous invite à une autre porte.
Nous voilà entrés dans le palais, la musique d'Indochine résonne déjà, le groupe est en pleine répétition. Quelques minutes d'attente, et Nicola Sirkis, le chanteur du groupe arrive. Vêtu de noir, des mèches rebelles relevées, un style très rock, il ne fait pas son âge, loin de là.
Très poli, il nous serre la main et s'assied tranquillement. On l'interroge sur ses sentiments avant un concert. "Je me sens plutôt pas mal, mais j'aime bien rester un peu tranquille" répond-il, "je m'isole complètement pour pouvoir faire des vocalises pendant une heure".
"Rien de blasphématoire"
Le concert de ce soir doit porter sur le dernier album du groupe baptisé Paradize et les textes de ses chansons suscitent des interrogations, notamment sur son approche de la religion. "Je suis d'une éducation judéo-chrétienne. J'ai été baptisé, j'ai été chez les Jésuites... Mes textes n'ont donc rien de blasphématoire, il s'agit simplement d'une interrogation et aussi d'une constatation.
Pour le soi-disant bien de l'Homme, on en arrive à des atrocités. La religion ne permet pas ceci, ne permet pas cela, c'est assez pénible. J'aime bien les symboles religieux, les croix par exemple, et les monuments historiques. La cathédrale gothique de Bourges est très belle, elle est connue. Et j'aime bien l'époque qu'elle réflète, une époque où on n'avait pas peur de la mort".
"J'aime bien les petites salles"
Quant aux salles de concert, il aime autant le côté intimiste des petites salles que les grandes. "J'aime bien les petites salles, c'est pour cela que nous ne faisons qu'un concert Paris-Bercy. Mais un concert dans une grande salle, ça donne bien aussi".
Sur ce point, le palais d'Auron ne semble pas lui déplaire. "Au niveau acoustique, ça a l'air pas mal. Mais on peut mieux mesurer l'acoustique d'une salle lorsqu'il y a le public". Et si tout cela devait s'arrêter, "eh bien ce serait une très belle fin. Je reçois beaucoup de lettres de fans qui découvrent Indochine... Mais bon, on a envie de faire un autre album.
J'ai toujours plein de trucs d'écrits, mais si ça ne se fait pas, eh bien, Indochine aura duré", en référence aux chansons commerciales qui ne durent qu'un temps. Ce n'est pas le cas d'Indochine, qui a débuté en 1981, et qui a toujours continué, malgré les épreuves, sur plus de vingt années d'existence.