Indochine au "Paradize"

Nicola Sirkis a enflammé, hier soir, le public du palais d'Auron

C'est un palais d'Auron archicomble qui a accueilli, hier soir, Indochine. Le groupe a enflammé le public, en alternant ses nouvelles chansons et ses tubes populaires.

Ils ont parfois attendu plus de quatre heures avant de rentrer dans le palais d'Auron, plein à craquer, pour accueillir Indochine.

Parfois énervés en raison de l'horaire du concert, préalablement prévu à 18h (la presse s'était pourtant à de multiples reprises fait l'écho de la nouvelle heure du concert), les spectateurs se sont massés devant les portes du palais d'Auron, attendant l'ouverture vers 19h.

En première partie, le chanteur belge Jéronimo, auteur du fameux "Je suis sûr que ma femme me trompe", accompagné de deux musiciens, à la basse et à la batterie, a chauffé, pendant une demi-heure, une salle déjà bien survoltée. Une ambiance fébrile comme les aime Nicola Sirkis, le leader historique du groupe.

Rencontré trois heures avant de monter sur scène, il se déclarait alors "confiant. Nous sortons d'une série de cinq concerts, alors c'est rodé. Il n'y a pas d'angoisses particulières mais c'est à nous de faire le boulot". Un boulot qu'ils peaufinent depuis pas mal de mois, parcourant les routes de France avec leur bus, distillant les mélodies souvent noires de leur dernier opus "Paradize".

Consacré meilleur album rock de l'année aux dernières Victoires de la musique, album de l'année aux NRJ Music Awards, "Paradize" est longtemps resté en tête des hit-parades, notamment avec le single "J'ai demandé à la lune", vendu à plus d'un million d'exemplaires. Un véritable retour en grâce.

"Une injustice enfin réparée"

Après les tubes des années 90, "L'Aventurier", "Troisième Sexe" ou "Trois nuits par semaine", le groupe est confronté au départ d'un des principaux paroliers et au décès d'un membre fondateur. Il faut alors trouver l'envie de continuer le chemin.

Pour Nicola, c'est la "philosophie de la "non lamentation" qui est à l'origine de ce nouvel album, pourtant assez noir : "J'aurais pu tout arrêter, il y a vraiment eu des moments d'abattement, mais il faut continuer à faire vivre les gens qui ont fait des choses", note le chanteur.

Pour autant, l'envie ne fait pas tout, les maisons de disques restent muettes, certaines radios boycottent leurs morceaux. Il n'empêche que le public est toujours fidèle : "Certainement parce qu'on n'a jamais retourné notre veste. On est resté humbles, sans esprit de revanche.

Notre plus grosse victoire, elle vient de ce public fidèle et massif, avec aujourd'hui dans les concerts, trois ou quatre générations de fans", analyse Nicola, tout de noir drapé. Des textes mystiques - il semble parfaitement connaître la cathédrale de Bourges - et sombres qui ont envoûté, hier soir, le public.