Un groupe mythique sur la scène de Micropolis

Indochine acte III, le 4 mars à Besançon

On les donnait finis, rayés de la scène hexagonale, perdus dans les oubliettes de la variété française. Et pourtant, Nicola Sirkis et son groupe sont aujourd'hui obligés de jouer les prolongations!

Le 7 décembre dernier, Micropolis affichait complet, et les spectateurs privés de billet se comptaient par centaines. Frustrés de rater le grand retour d'une formation emblématique des années 80. Ils ont pris leur mal en patience et l'attente a finalement été moins longue que prévue : Indochine sera de retour à Besançon mardi 4 mars...

Indochine à l'affiche en 2003, c'est un peu l'histoire d'une résurrection. Qui a commencé l'été dernier avec l'explosion de la chanson "J'ai demandé à la lune". Mélodie lancinante et nostalgique, voix fragile, le titre reste pendant des mois en tête des hits parades. Et confirme la rumeur : Indochine est toujours là, 20 ans après.

C'est au début des années 80 que le groupe avait fait une entrée fracassante au rayon des idoles. Plusieurs tubes énormes avaient suffi à les rendre incontournables : "L'Aventurier", "Troisième sexe", "Tes yeux noirs", "Trois nuits par semaine"...

Les jumeaux Nicola et Stéphane Sirkis sont alors au zénith : Gainsbourg leur réalise un clip, ils posent devant l'objectif de Mondino, et leurs galettes s'écoulent jusqu'en Scandinavie ou en Amérique du Sud. Mais les modes passent... Boudé par les médias parisiens et les maisons de disques, viré de BMG, Indochine prend l'eau dès le milieu des années 90.

Le groupe reste cependant incroyablement populaire en concert (le boule "Indo Live" de 1997 se vend à 300.000 exemplaires!), et trouve refuge dans la filiale française d'un label belge indépendant, Double T. Dans un quasi-anonymat, Indochine commence alors l'enregistrement de "Dancetaria" début 1999.

Mais Stéphane meurt, emporté par une hépatite foudroyante. L'aventure Indochine semble avoir du plomb dans l'aile... Au contraire, le dépôt de bilan de Double T permet à Indochine de se retrouver miraculeusement chez Columbia. Nicola s'accroche, et se bat désormais pour deux. Au final, ça donne "Paradize", un album considéré par beaucoup comme le meilleur opus de la carrière d'Indochine.

Avec une pléiade d'invités : les romancières Camille Laurens et Ann Scott, Gérard Manset, Jean-Louis Murat, ou encore Melissa Auf der Maur, la bassiste des Smashing Pumpkins, qui chante en duo sur "Le Grand Secret". Un album événement, en route pour le million d'exemplaires.

Après le Zénith et avant Bercy, en juin prochain, Indochine repart en tournée et s'arrêtera à Besançon mardi 4 mars. A la rencontre du public, adolescents et jeunes adultes. Les "divisions de la joie", comme les appelle Nicola Sirkis. "Je chante et j'écris pour eux, en pensant à eux.

Le rock n'a rien d'égoïste, au contraire, il incite à penser aux autres, à participer, à communier, à fonder une véritable famille, de choix, de coeur et d'esprit. C'est une forme de messianisme qui amène peut-être parfois à jouer avec le feu, avec les rêves intimes des gens, mais c'est inconscient, innocent, et en tout cas totalement généreux".

Lucidité et honnêteté intellectuelle, deux des "armes" majeures d'Indochine qui, 20 ans après ses débuts, obtient aujourd'hui une crédibilité rock acquise de haute lutte.

Les places pour le concert du 4 mars sont en vente dans les magasins Carrefour de Chalezeule et Valentin, à l'Office de Tourisme, au Forum, au Super U de Pouilley-les-Vignes, à Fracas, sur www.fnac.com, et dans les réseaux 3615 Billetel et Ticket Net. Renseignements auprès d'Alorganisation au 03.81.48.41.61.