Au paradis d'Indochine

Après plus de vingt ans de carrière, Indochine revient en force avec son dernier opus Paradize. Hier soir, à Clermont-Ferrand, dans une Maison des Sports comble, le groupe a donné un show électrisant et excitant.

Adulé dans les années 80, Indochine, la formation des frères Sirkis, a ensuite connu une noire décennie. Aujourd'hui seul rescapé de l'aventure originelle, Nicola Sirkis revient sur le devant de la scène avec son neuvième album Paradize, plus rock que jamais. Entouré de nouveaux musiciens, parmi lesquels les talentueux guitaristes Oli de sat et Mr Boris, Nicola Sirkis n'a rien perdu de sa superbe.

A 43 ans, l'âme du groupe partage avec le public son énergie provocante. Il est près de 21 heures. Le show clermontois débute. "Venus" et "Like a monster" font office de mises en bouche. Suivent "Electrastar" et "Trois nuits par semaine", que les spectateurs reprennent en choeur.

Moulé dans un T-shirt et un pantalon blanc, Nicola occupe la scène. Derrière lui ses musiciens; dans le fond, un écran géant sur lequel défilent des images colorées. La mise en scène est accomplie et le show bien rodé. Depuis le début de l'année, le groupe écume les salles françaises pour une tournée en trois actes à guichets fermés. Indochine a su renouveler son public, fasciné par son troublant sex-appeal.

"L'aventurier" continue

"Punker", "Le manoir", "Le grand secret", issus de l'album Paradize, entraînent l'assistance. C'est avec "Mao Boy" et "J'ai demandé à la lune", qui s'est vendu à plus d'un million d'exemplaires qu'elle se déchaîne. La fin du set approche. Le son se fait plus rock avec "Punishment park", "Miss Paramount" et un medley très électrisé de titres des années 80 ("Des fleurs pour Salinger", "Canary bay", "La buddha affaire" …).

Très présents tout au long du concert, les "bidouillages" électroniques prennent ici toute leur place, donnant de la profondeur au son. Même si la voix de Nicola se perd parfois dans ce mélange de sonorités, les reprises font mouche. Pour les rappels, le gracieux chanteur revient tout de noir vêtu et interprète "Rose song", de l'album Dancetaria puis "Tes yeux noirs".

Une avancée sur le devant de la scène lui permet de se rapprocher des spectateurs, auxquels il offre une reprise de Bronsky Beat dédiée "aux garçons qui aiment les garçons, aux filles qui aiment les filles et aux garçons qui aiment les filles" et vice versa. Pour finir, "L'aventurier" version 2002 déchaîne l'enthousiasme, juste avant l'ultime "Dunkerque" …

La phrase "Vivre encore plus fort", tirée de "Marilyn", sonne comme un présage. Indochine poursuit sa tournée à travers toute la France, avant de s'aventurer en Europe. Si l'avenir du groupe reste incertain, le présent ressemble à un conte de fées. Une Paradiziaque résurrection …