Indochine : quatre mille fans pour un tour au "Paradize"
Plein à craquer. Tel était le Palais des spectacles de Saint-Etienne, hier soir, pour le grand retour d'Indochine. Un concert mitigé, au goût sucré-salé.
Peut-on être et avoir été? Doux dilemme que pose Indochine. En fait, tout dépend de ce qu'on prend en considération. Difficile de dire qu'Indochine n'est plus lorsque l'on a une salle de concert gonflée à bloc par quelque quatre mille personnes venues parfois de loin. Moyenne d'âge : 15-25 ans. Pour eux, à n'en pas douter, Indo est, et reste, le groupe à suivre.
Sur l'écran géant, des images parfois psychés, parfois tendres. Au commande, Nicola, dernier survivant d'une tribu aujourd'hui décimée. Et, sur des fortifications que les années ne semblent pas avoir ébranlées, Sirkis est le maître. Alternant titres de son dernier album et tubes de la grande époque, Indochine donne le ton. Celui d'un univers adopté par la nouvelle génération.
Comme un flash-back fédérateur
Alors, on reprend en choeur sur les refrains. On se laisse porter par le duo mi-video, mi-direct de Nicola et Melissa Auf der Maur. Et, surtout, on ne se retient pas lorsque vient le temps de Trois nuits par semaine. Comme un flash-back fédérateur.
Bien sûr, Saint-Étienne oblige, J'ai demandé à la Lune fait se lever les mains. Surtout lorsque l'on apprend que le chanteur des Mickey 3 d est parmi le public. Alors, on se l'a fait une seconde fois, juste histoire de dire que l'on est là pour Indochine et que l'on remercie les Montbrisonnais.
Mais reste le goût amer que ce qui fut connu par ceux qui avaient l'âge du public d'aujourd'hui... il y a vingt ans, n'est plus. Exit les tenues amples, tendance gothique qui firent d'Indochine le groupe phare des années 80. Nicola s'est assagi, troquant le noir pour le blanc; réduisant cette mèche qui lui barrait le visage. Et puis surtout, le temps a fait ses effets.
La jeunesse s'est éloignée faisant place à un jeu de scène plus synthétique. Sans réelles surprises... Et la vague impression que seul ce qui fît les grandes heures d'Indochine est encore capable de réellement faire bouger les Stéphanois. Il manquait quelque chose, mais surtout quelqu'un, hier soir.