Les divisions de la joie

Plus d'un an après leurs 3 concerts à la Cigale, Indochine est de retour sur les planches parisiennes. À l'Olympia, le public a une fois de plus prouvé que le groupe n'est pas seulement celui qui s'est égaré dans la vallée infernale des années 80. Nicola Sirkis avait prévu de nous emmener au paradis, en 2002... Pari réussi.
À l'heure où des millions de Français légumisent devant la première de Loft Story 2, le boulevard des Capucines frétille bel et bien à mesure que l'on se rapproche de la salle. Se bousculent, jeunes batcaves à la coupe de Robert Smith et revendeurs à la sauvette qui profitent que le concert soit complet depuis plusieurs semaines pour fourguer les billets à 150 euros...
À l'intérieur de l'Olympia, le carré VIP regorge de familles des musiciens et de musiciens eux-mêmes : Daisybox (que l'on avait déjà vu en première partie des Indochinois), Miro, etc... Ce soir, c'est Madinkà qui ouvre les festivités. Le public les connaît déjà, et pour cause, ce n'est pas la première tournée qu'ils font avec Indo.
Le jeune groupe joue devant un Olympia qui se remplit peu à peu. Les ingrédients qui rendent leur pop rock entraînante ont des reflets d'Indochine et de Placebo; avec un chanteur qui hoquette, piétine, sautille, un batteur en robe et une peluche sur la batterie : un Teletubbies rouge. Leur titre Sugar Song a déjà des airs de tube en puissance.
Boris Jardel, l'atout
guitaristique et... sexy d'Indochine.
Indo live
Indochine n'avait pas foulé les planches de cette salle mythique depuis le 24 juin 1999, pour l'Indo Tour. À présent, il compte 6 membres. Il est 21h15 lorsque les lumières s'éteignent. Sur l'écran, au fond de la scène, une croix rouge asymètrique (leur emblème désormais) descend peu à peu. Les cris fusent. L'intro est celle de Vénus, extrait de Dancetaria.
Devant la scène, un énorme bouquet de roses rouges, comme sur l'ensemble de la tournée. Il y a également l'éternel duo de nounours près de la batterie de Matthieu Rabatté. Nicola Sirkis arrive sur scène, habillé d'un pantalon de satin noir, et d'un T-Shirt orné de cette même croix, en feutrine rouge, dans le dos. On rentre tout de suite dans le vif du sujet avec Paradize.
À la manière de Brian Molko, le chanteur sort son mégaphone pour les So far a wheel, Marc Éliard fait les choeurs, et le public saute dans tous les sens. La soirée s'annonce bien. Une intro à l'orgue, et voici Electrastar. Sur l'écran, des visuels en noir et blanc défilent.
On reconnaît Star Academy, Le Maillon faible, des épreuves sportives... Et le titre de la chanson, en rose, passe en boucle sur ces images dénonciatrices. Un ours en peluche est lancé sur scène. Alors que chacun s'attend à un nouveau titre extrait de Paradize, ils enchaînent sur 3 nuits par semaine! La foule ne se contrôle plus...
Quand bien même certains n'étaient pas nés à sa sortie, le public ne fait qu'un et se retrouve transporté 20 ans en arrière. Les photographes s'agitent et semblent dépassés par l'intensité de l'énergie qui se dégage autant de la salle que de la scène. C'est alors l'heure de Punker.
Des coeurs brisés, des X rouges et des mots comme Sexe interdit, se chassent sur l'écran, qui fait partie intégrante du show. Les choeurs du frontman et de Boris Jardel amorcent des avances à base de Est-ce que tu viendrais faire... du sexe avec moi... que l'on se verrait mal repousser. Le set est définitivement électrique.
Nicola Sirkis à l'assaut
de l'Olympia.
Stéphane, le ciel et la lune
Ceci est confirmé par Satellite, mais ça se refroidi avec l'arrivée du néanmoins magnifique, Le Manoir et ses airs de berceuse. Une ambiance rose et bleue envahie la scène. Chacun se laisse emporter par la musique, par le ciel étoilé et les aurores boréales que l'on aperçoit sur l'écran.
Atomic Sky continue à nous faire planer, mais là, on oublie presque l'écran. Personne ne peut rester insensible à cette chanson qui rappelle aux plus grands fans, le talent et la douloureuse disparition de Stéphane Sirkis. Les musiciens quittent la scène et Nicola Sirkis revient seul.
Il semble très touché par la chaleur du public et le remercie d'avoir fait que Paradize soit à la 3e place des meilleures ventes de disques en France. Il précise fièrement que leur album a torpillé ceux de Star Academy et Popstar... le majeur de chaque main levé... (Paradize a été consacré disque d'or après ce concert).
Il enchaîne avec le single J'ai demandé à la Lune, puis sur Mao Boy qui fait bouger tout l'Olympia. Certains tapent dans leurs mains, d'autres dansent (d'avant en arrière ou de gauche à droite pour les plus gothiques). Les cris s'intensifient lorsque Sirkis lance "On est fiers d'avoir un public comme vous." Il annonce le prochain titre avouant qu'il n'a pas fait grincer des dents, mais plutôt des dentiers... Il s'agit de Dark.
Tout devient plus intense lorsqu'ils jouent Punishment Park. Une occasion de plus pour Boris Jardel de s'agiter et de prendre des allures d'icônes punk ou de guitar hero à la Johnny Ramone ou Joe Strummer. Cette folie générale n'a pas eu l'opportunité de se calmer, car ils ont tout de suite enchaîné sur un medley enflammé qui a permis à Sirkis de reprendre des habitudes de chanteur de 80's.
Au programme, Miss Paramount, Des fleurs pour Salinger, Canary Bay, Les Tzars, À l'assaut... Séquence émotion aussi avec une version acoustique de Tes yeux noirs, que le public a quasiment entièrement chantée. Les titres, les tubes s'enchaînent. On voit même les vigiles battre la mesure sur L'Aventurier... Bref, plus de deux heures de bonheur pour les yeux et les oreilles. Je ne sais pas si c'est le 3e sexe, mais le 7e ciel, certainement.
| SET LIST | |
| - Paradize | - Medley : |
| - Electrastar | Miss Paramount, Des fleurs pour Salinger, Canary Bay, Les Tzars, À l'assaut. |
| - Trois nuits par semaine | - Tes yeux noirs |
| - Punker | - Juste toi et moi |
| - Satellite | - Petit Jésus |
| - Le Manoir | - Marilyn |
| - Atomic Sky | - Dunkerque |
| - J'ai demandé à la lune | - L'Aventurier |
| - Mao Boy | - Stef II |
| - Dark | - Justine |
| - Punishment Park | |