Indochine ne se rend pas

Le groupe français est au top depuis vingt ans. Une exception.

La longévité n'a jamais été le fort des rockeurs. À part quelques dinosaures, ils ne dansent souvent qu'un ou deux étés avant de devenir parfaits has been. Indochine, lui, ne connaît pas ce type de problèmes existentiels.

Depuis vingt longues années, ce groupe de pop synthétique file de succès en succès et continue de fasciner un public adolescent qui n'a pas vécu en direct le triomphe de L'Aventurier.

C'est avec cette aimable rengaine, alliage improbable de guitares façon Shadows et de muzak incolore, que les jumeaux Sirkis (Nicola et Stéphane) et leurs complices ont pris d'assaut des charts francophones sur lesquels ils allaient régner jusqu'à la fin des années quatre-vingt.

Boudé ensuite par les médias, chamboulé par des changements de personnel, Indochine a continué par la suite d'enregistrer de façon régulière. Ce printemps, le groupe qui, depuis le décès brutal de Stéphane Sirkis en 1999, ne compte plus dans ses rangs qu'un membre de la formation originale (Nicola), publie Paradize.

Certain de remplir les salles lors de sa prochaine tournée à venir, Nicola Sirkis ne prend aucun risque. Selon un rituel désormais bien rodé, Paradize propose une collection d'hymnes teenagers aux paroles exotiques ou gentiment sexy emballés dans des mélodies techno-pop vaguement gothiques.

Loin des courants en vogue, Indochine navigue tranquillement dans des eaux connues avant de jeter le trouble sur Un Singe en Hiver, titre complexe et nostalgique offert par Jean-Louis Murat visiblement conquis par tant de persévérance.